🔍 Décryptage : PFAS : L'État attaqué en Justice Les faits ➡️ Les PFAS sont des substances chimiques créées dans les années 1940. Elles rendent les matériaux résistants à l'eau, aux graisses, aux fortes températures ou encore aux taches. Elles ont donc été massivement utilisées dans des produits très variés : poêles anti-adhésives en Téflon, emballages alimentaires, cosmétiques, vêtements, appareils électroniques… Problème : ces substances se dégradent extrêmement lentement dans l'environnement, d'où leur surnom de "polluants éternels". Et surtout, elles présentent des risques importants pour la santé. En 2023, le Centre international de recherche sur le cancer a classé 2 types de PFAS comme "cancérogènes certains" ou "cancérogènes possibles" pour l'humain. 🏥 De nombreuses études évoquent aussi des liens avec un faible poids à la naissance, l'obésité, des troubles hormonaux, le diabète, l'endométriose ou encore une diminution de la réponse immunitaire aux vaccins. Les travailleurs des usines produisant ces substances sont particulièrement exposés, mais selon l'autorité sanitaire européenne des aliments, l'alimentation constitue aujourd'hui la principale source d'exposition pour la population. Les PFAS contaminent en effet l'environnement : les usines qui les fabriquent ou les utilisent rejettent ces substances dans l'eau et les sols. Ensuite, elles se retrouvent dans les cultures, les animaux d'élevage ou les poissons issus de zones polluées. Certains emballages alimentaires peuvent aussi transférer des PFAS directement dans les aliments. Pourquoi l'État est-il poursuivi ? Les associations estiment qu'il connaissait les risques depuis longtemps : des rapports publics alertaient déjà sur les dangers des PFAS dès 2008.
OpenAI vient de dépenser environ 200 millions de dollars pour acquérir All-In, le podcast tech animé par quatre investisseurs de la Silicon Valley (Chamath Palihapitiya, Jason Calacanis, David Friedberg et David Sacks). Un montant qui a fait bondir beaucoup d'observateurs : le podcast génère environ 10-15 millions de dollars de revenus publicitaires par an. Difficile de justifier un tel prix, même en intégrant la croissance potentielle. Mais OpenAI ne cherche pas forcément la rentabilité immédiate : l'entreprise veut contrôler un canal d'influence majeur dans la tech. Le timing est aussi intéressant : David Sacks vient d'être nommé "AI & Crypto Czar" par Donald Trump, ce qui crée un potentiel conflit d'intérêts assez spectaculaire.
Google abandonne définitivement ses lunettes de réalité augmentée. Le projet traînait depuis des années : les premières Google Glass avaient été lancées en 2013, avant d'être retirées du marché en 2015 après un échec commercial cuisant (problèmes de vie privée, positionnement raté). Google avait ensuite tenté une version entreprise, puis racheté Focals en 2020 pour relancer le projet grand public. Mais rien n'a fonctionné. L'entreprise a finalement décidé de couper les ponts. C'est d'autant plus notable que Meta continue d'investir massivement dans ses propres lunettes connectées (Ray-Ban Meta).
Jack Dorsey est de retour sur Bluesky. C'est assez surprenant : il avait quitté la plateforme en mai 2024 en supprimant son compte et en critiquant publiquement la modération (trop stricte à son goût). Il s'était ensuite concentré sur Nostr, un protocole décentralisé qu'il juge plus aligné avec ses principes. Mais le voilà de retour, sans explication. Bluesky n'a pas vraiment changé sa politique de modération depuis, donc difficile de comprendre ce qui a motivé ce revirement. Dorsey reste imprévisible.
Des créateurs commencent à exprimer leur frustration face aux revenus de TikTok Shop. Le système de commissionnement est assez opaque, mais beaucoup rapportent des gains très faibles : quelques dizaines de dollars pour des vidéos qui génèrent des millions de vues et des centaines de ventes. TikTok prend une commission sur chaque vente (entre 5% et 20% selon les catégories), mais les créateurs touchent souvent une fraction minuscule. C'est un problème pour TikTok, qui mise énormément sur le commerce pour diversifier ses revenus. Si les créateurs ne gagnent pas assez, ils vont arrêter de promouvoir des produits.
Apple va devoir modifier les règles de l'App Store en Europe. La Commission européenne a menacé l'entreprise de lourdes amendes si elle ne se conforme pas au Digital Markets Act (DMA). Concrètement, Apple devra autoriser les développeurs à rediriger les utilisateurs vers des systèmes de paiement externes, sans prélever de commission. C'est une victoire importante pour les développeurs, qui se plaignent depuis des années des 30% qu'Apple prélève sur chaque transaction. Reste à voir si Apple va vraiment jouer le jeu ou trouver d'autres moyens de maintenir son contrôle. Pour l'instant, ces changements ne concernent que l'Europe, mais ça pourrait créer un précédent.
Substack peine à atteindre la rentabilité. La plateforme de newsletters a beau être populaire auprès de nombreux créateurs, elle ne génère pas encore assez de revenus pour couvrir ses coûts. Le modèle économique repose sur une commission de 10% sur les abonnements payants, ce qui limite les marges. En parallèle, des concurrents comme beehiiv ou Ghost grignotent des parts de marché en proposant de meilleures fonctionnalités (notamment en termes de monétisation et d'analytics). Plusieurs créateurs importants ont récemment quitté Substack pour des solutions alternatives. La question est de savoir si Substack va devoir augmenter ses tarifs ou trouver d'autres sources de revenus.
Google veut rattraper OpenAI et Anthropic sur les outils de code
Dans l'intelligence artificielle générative, les choses vont vite, très vite. Fin novembre, beaucoup estimaient que Google avait non seulement comblé son retard sur OpenAI, mais qu'il avait même pris l'avantage sur le concepteur de ChatGPT, suite au lancement de la troisième version de son grand modèle de langage Gemini . À peine six mois plus tard, le géant de Mountain View doit désormais démontrer qu'il n'est pas de nouveau distancé, notamment sur le terrain des outils de génération de code informatique, devenu le nouveau champ de bataille des grands acteurs du secteur.
En dévoilant mardi, en ouverture de sa grande conférence annuelle I/O, la dernière version de Gemini, Google a insisté sur ses performances en matière de code, annoncées comme comparables à celles des outils proposés par Anthropic et OpenAI. Le moteur de recherche a également présenté de nouvelles fonctionnalités dédiées au déploiement d'agents d'IA, capables d'automatiser un nombre croissant de tâches, ainsi qu'une plateforme similaire à OpenClaw, un agent personnel capable de tourner en continu – dont le fondateur a été débauché en février par OpenAI .
Succès des outils de code
Ces annonces symbolisent les nouvelles priorités du marché. Au-delà des chatbots grand public ou des assistants déployés dans les entreprises, les outils de programmation constituent désormais le véritable moteur de croissance. Lancé l'an passé, Claude Code d'Anthropic a connu une ascension fulgurante , dépassant un milliard de dollars de revenus annualisés en seulement six mois – du jamais vu. En février, son chiffre d'affaires s'élevait à 2,5 milliards. Il est probablement aujourd'hui bien supérieur. Dans son sillage, OpenAI revendique aussi une forte adoption de son outil Codex.
Face à cette déferlante, Google reste en retrait. Non seulement les précédentes versions de Gemini ne tenaient pas la comparaison, mais le groupe souffre également de l'absence d'une plateforme unifiée dédiée au code. Si le premier point faible semble avoir été résolu, le second demeure. Pour rattraper son retard, Google a notamment dépensé 2,4 milliards de dollars l'an passé pour racheter Windsurf, une start-up spécialisée dans le domaine, un temps convoitée par OpenAI. En interne, une nouvelle équipe a aussi été mise en place au sein de son laboratoire DeepMind.
Barre de recherche "réinventée"
Parallèlement, Google a dévoilé une intégration encore plus poussée de l'IA au sein de son moteur. Cela passe notamment par une "réinvention" de la barre de recherche, qui se rapproche de plus en plus de l'interface d'un chatbot. Celle-ci permettra de formuler des requêtes plus longues et d'ajouter des documents ou des photos. Il sera par ailleurs possible de poser des questions de suivi directement depuis la page des résultats. Et aussi de créer des "agents de recherche", capables de scruter en continu le web pour envoyer des notifications en fonction des informations trouvées.
Pris de court par le spectaculaire succès de ChatGPT, Google a pris son temps pour ajouter de l'IA à son produit phare. Il y a deux ans, le moteur a d'abord intégré des réponses générées par Gemini au-dessus des traditionnels liens. L'an passé, il a ajouté un onglet permettant d'ouvrir une interface conversationnelle . Malgré l'émergence de nouveaux canaux d'accès à l'information, l'IA n'a pas encore eu d'impact négatif sur les recettes publicitaires issues des liens sponsorisés. Mais Google n'a pas encore détaillé comment il compte compenser, à terme, la baisse inéluctable du nombre de clics.
SpaceX va entrer en Bourse pour financer ses data centers spatiaux
Ce devrait être la plus importante introduction en Bourse de l'histoire. Mercredi soir, SpaceX a officialisé sa prochaine arrivée à Wall Street, probablement le 12 juin. L'opération pourrait lui permettre de récolter 75 milliards de dollars, destinés notamment à financer le déploiement de data centers dans l'espace pour y entraîner et faire tourner des modèles d'intelligence artificielle générative. Ce montant représenterait de très loin un record, tout comme la ca
Quel rapport y a-t-il entre les accusations de viol et d'agressions sexuelles contre Patrick Bruel et la bataille qui oppose Canal Plus et les signataires du collectif "Zapper Boloré" ? Rien, si ce n'est le battage médiatique, les arguments incontestables, et la violence des propos. Si on s'inquiète, peut-être de façon prématurée mais légitime, d'un dérapage à droite de Canal Plus, entité du groupe Bolloré, comment ne pas être troublé par le glissement très à gauche, et revendiqué, des médias de Pigasse ? On critique les positions de CNews, c'est entendable, mais s'intéresse-t-on à ce qu'on lit dans Le Monde , les Inrocks, ou – bien pire – ce qu'on entend sur Radio Nova ? Il y a toujours eu des médias de droite et de gauche. Lorsqu'on lit Le Figaro ou Le Point , on sait où on se situe, si c'est Libé ou Médiapart , on le sait aussi. C'est assumé et ce n'est pas choquant. Mais croire qu'aujourd'hui le traitement de l'information est factuel est un leurre, une blague. Les journalistes, expriment des idées, filtrent, exposent et commentent l'actualité à leur façon. Là encore, pas de souci, à nous de décider où nous mettons nos yeux et nos oreilles. C'est plus problématique lorsque des médias de grande écoute, de référence, deviennent des médias militants, qui prennent parti au sens propre du terme. Lorsque les signataires de la tribune s'inquiètent d'une « prise de contrôle fasciste sur l'imaginaire collectif », ils prennent parti et lorsque Maxime Saada leur répond, il leur donne malheureusement raison. Lorsqu'on pose la question à Gilles Lellouche de savoir si "la France insoumise est le meilleur rempart à l'extrême droite", on prend parti. Et lorsqu'on passe son temps à parler "remplacement et immigration", on prend aussi parti. Il faut surveiller, et le cas échéant condamner, les dérives militantes de nos médias, à droite comme à gauche. Il n'y a pas un extrême meilleur qu'un autre. On ne lutte pas contre le RN en encourageant LFI. On ne vote pas pour un salaud pour barrer la route à un autre salaud. Quant à Patrick, laissons la justice enquêter, écouter, confronter, en sachant que la parole des femmes ne doit jamais être mise en doute . Ni celle des enfants d'ailleurs. Faisons-leur crédit, toujours. Mieux vaut aller trop loin que nulle part.
C'est encore une exposition à rallonge que nous propose la FLV, et elle s'attaque cette fois au maître du mouvement lent, Alexander Calder . Né en 1898 en Pennsylvanie, Calder est le fils d'une peintre et d'un sculpteur. C'est donc tout naturellement qu'avant ses dix ans, le petit Alexander fabrique déjà poupées et bijoux de pacotille. En 1926, il s'installe dans un Paris bouillonnant et, passionné par l'univers du cirque, crée un ensemble de 200 personnages animés en fils de fer, bouts de chiffons et morceaux de bois. Le Cirque Calder fait sensation et Alexander intègre le cercle des artistes avant-gardistes, dont il réalise d'attachants portraits en 3D, toujours en fil de fer. Mais c'est en octobre 1930, alors qu'il visite l'atelier de Mondrian, qu'il a la révélation de l'abstraction ; il peint, puis se tourne très vite vers la sculpture. Quelques fils de fer, des écailles de tôle, un mouvement aléatoire : les mobiles de Calder sont nés. Il en imaginera des grimpants, des tournants, des astrologiques, des muraux, des petits et des immenses, avec toujours la volonté qu'ils occupent l'espace et tournent au gré du vent, lentement. Fuyant le fascisme, Calder retourne en 1933 aux États-Unis, mais garde un lien étroit avec le Vieux Continent et la France tout particulièrement ; il y installera un grand atelier après la guerre. Calder se lance alors dans la réalisation de standing mobiles , les stabiles, sculptures d'acier aux formes animalières, aux ancrages fins dépourvus de socle, dont les plus monumentales sont commandées et exposées par des institutions ou des collectivités. Calder est sans aucun doute le plus grand artiste de l'art en mouvement ; il aura dompté la force du souffle et influencé nombre de sculpteurs contemporains. En admirant les deux stabiles installés sur la pelouse verdoyante du Jardin d'Acclimatation derrière le musée, on se dit que ça a quand même une sacrée gueule. Calder. Rêver en équilibre Fondation Louis Vuitton jusqu'au 16 août 2026