CHOOSE FRANCE : LA RÉINDUSTRIALISATION EN TROMPE-L'OEIL
Emmanuel Macron organisait hier son neuvième et dernier sommet "Choose France" à Versailles, grande messe de la start-up nation.
Emmanuel Macron y a annoncé 93 milliards d'investissements et la création de 15 000 emplois. Cette édition dépasse donc à elle seule les promesses d'investissements cumulées des huit précédents Choose France, qui s'élevaient à 87 milliards d'euros.
La France est aussi pour la 7ème année consécutive le pays le plus attractif d'Europe selon le cabinet EY, avec 852 projets d'investissement sur 5 026 en 2025.
Nicolas Dufourcq, patron de Bpifrance, estime quant à lui que "l'image de la France a complètement changé".
Sauf que. La part de l'industrie dans le PIB est pass
🔍 Décryptage : Liban : le conflit s'intensifie
Les faits
Le Hezbollah est un parti politique islamiste libanais, mais aussi une organisation armée classée comme terroriste par de nombreux pays. Soutenu par l'Iran, il est en conflit avec Israël depuis des décennies. Après les attaques du 7 octobre 2023 et le début de la guerre à Gaza, le Hezbollah a tiré des roquettes sur Israël.
➡️ Entre octobre 2023 et novembre 2024, les affrontements entre Israël et le Hezbollah ont fait près de 4 000 morts au Liban et déplacé environ 1 million de personnes. En Israël, plus de 120 personnes ont été tuées et des milliers d'habitants ont également été déplacées.
Un cessez-le-feu a été signé fin 2024, mais il a régulièrement été violé. Le 2 mars dernier, le Hezbollah est de nouveau entré dans la guerre contre Israël après les bombardements menés contre l'Iran par Israël et les États-Unis.
Depuis, les combats ont largement repris. Les autorités libanaises font état de plus de 3 300 morts en moins de 3 mois, tandis qu'une vingtaine de militaires israéliens ont été tués. Le Hezbollah continue de son côté à lancer des roquettes vers Israël, avec toujours plus d'un million de déplacés au Liban.
🫵 Depuis des mois, de nombreuses ONG dénoncent les attaques des 2 camps et soulignent l'ampleur des destructions au Liban. Plusieurs organisations accusent l'armée israélienne de violations graves du droit international humanitaire et estiment que certaines frappes pourraient constituer des crimes de guerre.
Malgré un nouveau cessez-le-feu entré en vigueur le 17 avril, les bombardements n'ont jamais réellement cessé.
L'intensification de l'offensive
Beyrouth, la capitale du Liban, reste visĂ©e et les opĂ©rations terrestres se concentrent jusque-lĂ
Chère lectrice, cher lecteur, La liberté de la presse n'est jamais acquise. Elle se fragilise progressivement lorsque l'information devient dépendante d'un nombre toujours plus restreint d'acteurs économiques. En France, la concentration des médias et de l'édition s'accélère, renforçant l'influence de grands groupes industriels et financiers. Une part croissante de l'information est produite ou diffusée par un nombre limité d'acteurs puissants, porteurs de visions assumées, parfois idéologiques. Dans ce contexte, préserver des espaces d'information réellement indépendants devient un enjeu démocratique majeur. À l'approche des échéances électorales, cet enjeu est encore plus crucial. Dans un an seulement, le débat public sera saturé de récits concurrents et d'interprétations du réel, rendant plus difficile encore l'accès à une information claire et fiable. Or, c'est précisément la mission de The Conversation : proposer une information indépendante, sans publicité ni influence politique, écrite par des chercheurs et revue par des journalistes professionnels, pour garantir clarté, rigueur et accessibilité. Mais cette indépendance a un coût. Aujourd'hui, les financements publics et les contributions des universités diminuent, fragilisant notre modèle. Votre soutien peut faire la différence. Faire un don à The Conversation, c'est contribuer à préserver une information libre, exigeante et accessible à toutes et tous. C'est permettre à des journalistes et à des chercheurs de continuer à produire des contenus fondés sur l'expertise plutôt que sur la recherche d'influence ou d'audience. Sans le soutien des lecteurs, notre indépendance est plus difficile à garantir. Avec vous, elle peut être préservée. Si vous le pouvez, faites un don pour nous soutenir.
Le cinéma français nous montre-t-il toujours les mêmes têtes ? Le Festival de Cannes 2026 vient de s'achever, couronnant la douleur de la famille de Fjord (Palme d'Or de Cristian Mungiu). Mais en coulisses, une autre douleur agite le cinéma français : celle d'une industrie accusée de tourner en boucle. En amont du festival, Télérama , a voulu semer le trouble : " Toute l'industrie semble se résumer à une vingtaine de visages ". Pierre Niney, Virginie Efira, Gilles Lellouche, Adèle Exarchopoulos et François Civil, formeraient une " liste A " incontournable et omniprésente. Un " coup de pub ", selon Jean Dujardin. " Ils ont besoin d'exister." Réponse agacée de Pierre Niney : " Plot Twist : j'ai tourné dans 2 films en 3 ans. " Alors, qui a raison ? Footnotes a voulu trancher par les chiffres. La Méthode : Nous avons téléchargé les données des 10 films français ayant fait le plus d'entrées cinéma chaque année entre 2015 et 2025 (110 films). Pour pouvoir comparer, on a fait la même chose avec le Box Office américain, et avec l'aide d'une IA, on a décortiqué les castings et analysé les chiffres. Alors oui, les films qui font le plus d'entrées ne représentent pas forcément l'ensemble de la production nationale, mais on en tire quand même quelques apprentissages. Télérama se trompe de coupables Les acteurs qu'on voit le plus ne sont pas ceux cités par Télérama. Le classement est dominé par : La bande des Tuches : Jean-Paul Rouve et Isabelle Nanty dominent le top-10 grâce à une saga en 5 volets qui cumule plus de 17 millions d'entrées. Philippe Lacheau , notamment star des franchises Babysitting et Alibi.com , est le roi de la comédie hexagonale. La France fait-elle pire que Hollywood ? Sur le fond, Télérama a raison : le cinéma français est ultra-concentré. A eux seuls, 10 acteurs font une entrée cinéma sur deux (du top-10 annuel), contre une entrée sur trois pour les acteurs américains les plus puissants. Jean-Paul Rouve représente à lui seul 11% des entrées sur les films du top-10 annuel. C'est plus que Robert Downey Jr. à Hollywood (9%). Le cinéma français renouvelle moins ses acteurs , avec en moyenne moins de 27 acteurs dans le top-10 annuel, contre plus de 29 acteurs différents à Hollywood. Mesurée ainsi, la diversité dans le cinéma français est même en chute libre depuis la pandémie. La diversité : le vrai problème de cadrage Plus qu'un problème de renouvellement, le cinéma français est dominé par des hommes. Isabelle Nanty est la seule femme parmi les dix acteurs ayant cumulé le plus d'entrées depuis 2015. Adèle Exarchopoulos et Virginie Efira , pourtant citées par Télérama , n'apparaissent respectivement que dans deux ( L'Amour Ouf, Chien 51 ) et un seul ( Adieu les cons ) des films ayant percé le top-10 sur cette période. Avec seulement deux femmes ( Zoe Saldaña et Daisy Ridley ) dans le top-10 des acteurs cumulant le plus d'entrées, Hollywood fait à peine mieux. La sous-représentation des femmes dans l'industrie ne s'arrête pas aux seules actrices. Un rapport du ministère de la Culture souligne que seul un quart des longs-métrages sont réalisés par des femmes. En cinquante ans, seules deux femmes ont obtenu le César de la meilleure réalisation : Tonie Marshall ( Vénus Beauté , 2000) et Justine Triet ( Anatomie d'une chute , 2024). Un " constat amer " que veut compenser le Prix Alice Guy, qui distingue chaque année des réalisatrices françaises. Le cinéma face au siège vide Le cinéma français traverse une période difficile depuis la pandémie. Les distributeurs préfèrent financer des films au succès garanti, ce qui freine l'émergence de projets innovants. Comme à Hollywood, les franchises finissent par dominer le Box Office français : on compte notamment six (!) films sur l'élève Ducobu , ou encore cinq Taxi depuis la sortie du premier en 1998. Même pour le Général de Gaulle, le cinéma refuse le siège vide. Après son incarnation par Lambert Wilson en 2020, l'ancien Président sera bientôt incarné par Simon Abkarian dans le dyptique La Bataille de Gaulle (premier volet en salles le 3 juin). Tel un chef d'État vieillissant, le cinéma français peine à se renouveler. Il court le risque de lasser définitivement son public.
BRIEFING | Par Marie-Hélène Ludwig Comment la Cour de justice de l'UE a invalidé la loi anti-LGBTI de la Hongrie Le 21 avril 2026, la Cour de justice de l'UE (CJUE) a rendu un arrêt important dans le cadre d'une procédure en manquement engagée par la Commission européenne contre la loi hongroise de 2021 dite « anti-propagande LGBT », constatant pour la première fois une violation de l'article 2 du Traité sur l'Union européenne (TUE), qui énumère les valeurs de l'UE. De quoi parle-t-on ? La « loi n° LXXIX de 2021 » a, sous couvert de protection de l'enfance, interdit ou restreint l'accès aux contenus LGBT dans les secteurs de l'audiovisuel, de la publicité, de l'éducation et du commerce de détail. La Commission, soutenue par le Parlement européen et 16 États membres, a engagé un recours en manquement devant la CJUE. Qu'a dit la Cour ? La CJUE a donné raison à la Commission sur tous les points. Premièrement, la Cour a jugé que la loi viole la libre prestation et réception de services au titre de l'article 56 TFUE ainsi que diverses dispositions de la directive sur le commerce électronique, de la directive sur les services et de la directive sur les services de médias audiovisuels. La Cour a constaté que la loi limite la capacité des prestataires à développer et diffuser des contenus LGBT. Si de telles restrictions peuvent être justifiées par l'intérêt supérieur de l'enfant, les États membres doivent exercer cette marge d'appréciation dans le respect de la Charte des droits fondamentaux de l'UE. La Cour a estimé que tel n'est pas le cas en l'espèce, la loi opérant une discrimination à l'encontre des « personnes non hétérosexuelles et non cisgenres (y compris transgenres) », révélant une préférence pour certaines identités et orientations sexuelles au détriment d'autres. Deuxièmement, la Cour a constaté une violation distincte de plusieurs droits consacrés par la Charte, à savoir : Le droit à la dignité humaine. L'interdiction des discriminations fondées sur l'orientation sexuelle ou sur le sexe, laquelle, fait important, inclut pour la première fois dans l'application de la Charte par la Cour, la discrimination fondée sur l'identité de genre. Le droit au respect de la vie privée et familiale. La liberté d'expression et d'information. La Cour a relevé que la législation hongroise stigmatise et marginalise les personnes LGBT, encourageant des comportements haineux à leur encontre. Troisièmement, la Cour a constaté pour la première fois une violation distincte de l'article 2 TUE, qui énumère les valeurs sur lesquelles l'Union est fondée et qui sont communes à tous les États membres. Elle a considéré que la législation hongroise introduit une série coordonnée de mesures discriminatoires, aboutissant à la stigmatisation et à la marginalisation des personnes LGBT, équivalant à établir, maintenir ou renforcer l'« invisibilité » sociale de certains membres de la société. Dans ces circonstances, la Cour a jugé que la législation porte atteinte de manière « manifeste et particulièrement grave » aux droits des personnes LGBT, ainsi qu'aux valeurs de respect de la dignité humaine, d'égalité et de respect des droits de l'homme, y compris les droits des personnes appartenant à des minorités. La Cour a considéré la loi contraire à « l'identité même de l'Union en tant qu'ordre juridique commun dans une société où le pluralisme prévaut ». La Hongrie ne peut valablement invoquer l'identité nationale pour justifier la loi. Cela envoie un signal fort indiquant que le manquement est particulièrement grave car il s'écarte du socle commun de l'UE. Quatrièmement, la Cour a jugé que la législation viole le Règlement général du la protection des données (RGPD) et le droit à la protection des données à caractère personnel garanti par la Charte, en ce qu'elle élargit l'accès aux informations enregistrées dans le système du casier judiciaire concernant les personnes condamnées pour des infractions portant atteinte à la liberté sexuelle ou à la moralité sexuelle des enfants, sans prévoir de garanties appropriées.
NVIDIA VEUT RÉINVENTER LE PC AVEC UNE "SUPERPUCE" IA Nvidia ne veut plus seulement dominer les data centers. Le géant des semi-conducteurs s'attaque désormais au marché des PC grand public avec une nouvelle "superpuce" capable de faire tourner localement des applications d'intelligence artificielle. Un défi direct lancé à Apple, Intel, AMD et Qualcomm. Lors du salon Computex à Taipei, Jensen Huang a annoncé le lancement de la RTX Spark Superchip, une puce conçue pour équiper des ordinateurs fabriqués par Dell, Asus, HP et d'autres partenaires, en collaboration avec Microsoft Windows. Nvidia promet tout simplement la puce PC "la plus efficace jamais conçue". Jusqu'ici, les modèles d'IA les plus puissants tournaient surtout dans des data centers. Avec cette nouvelle puce, Nvidia veut permettre aux PC d'exécuter localement des agents IA capables d'agir comme des assistants personnels : analyser des emails, rédiger des réponses, utiliser plusieurs logiciels, prioriser des tâches et travailler avec une supervision humaine minimale. Pourquoi ça compte ? Parce que Nvidia veut profiter d'un nouveau cycle de renouvellement des ordinateurs. Des millions de PC vieillissants ne sont pas adaptés aux applications d'IA les plus gourmandes. Si les consommateurs, développeurs, créateurs et gamers veulent utiliser des agents IA directement sur leur machine, ils devront passer à une nouvelle génération d'appareils.
ANTHROPIC SE RAPPROCHE D'UNE IPO HISTORIQUE L'entreprise derrière Claude vient d'annoncer avoir déposé confidentiellement son prospectus d'introduction en Bourse auprès de la SEC, ouvrant la voie à l'une des IPO les plus attendues de l'année dans l'intelligence artificielle. Une fois l'examen de la SEC terminé, Anthropic pourra lancer son entrée en Bourse si les conditions de marché le permettent. Et avec une valorisation récente de 965 milliards de dollars, l'opération pourrait devenir un moment de vérité pour l'euphorie boursière autour de l'IA. Anthropic prend de l'avance sur OpenAI. Son rival, valorisé à 852 milliards de dollars, préparerait lui aussi un dépôt confidentiel dans les prochaines semaines. Mais Anthropic a désormais ouvert officiellement la voie, juste après le dépôt du prospectus de SpaceX, qui vise une levée de 75 milliards de dollars pour une valorisation pouvant atteindre 1 750 milliards. Anthropic n'est plus seulement une start-up prometteuse. Fondée en 2021 par d'anciens chercheurs d'OpenAI, l'entreprise est devenue l'un des grands visages de la révolution IA. Son modèle Claude, son assistant de programmation Claude Code et ses outils professionnels connaissent une adoption fulgurante dans les entreprises. Anthropic affirme que son chiffre d'affaires annualisé a atteint 47 milliards de dollars, contre 10 milliards l'année précédente. Sa valorisation a plus que doublé depuis février, lorsqu'elle était encore estimée à 380 milliards de dollars après une levée de 30 milliards.
CHOOSE FRANCE 2026 INSCRIT UN RECORD AVEC 93 MILLIARDS D'EUROS D'INVESTISSEMENTS Emmanuel Macron a annoncé 71 nouveaux projets d'investissements étrangers, pour un montant total record de 93 milliards d'euros. Selon l'exécutif, ces engagements pourraient permettre la création de plus de 15 000 emplois en France. L'an dernier, Choose France avait déjà battu un record avec 20 milliards d'euros de projets annoncés. Cette année, le montant change complètement d'échelle, principalement grâce à l'intelligence artificielle, aux data centers, à l'industrie, à l'énergie et aux grandes infrastructures technologiques. SoftBank prévoit d'investir 75 milliards d'euros en France, dont 45 milliards d'ici 2031, pour construire trois data centers dans les Hauts-de-France. Le plus gros site sera implanté à Bosquel, en partenariat avec la start-up marseillaise Sesterce, tandis que Schneider Electric construira une usine à Dunkerque pour équiper ces infrastructures. La France veut devenir l'un des grands hubs européens de l'intelligence artificielle. Brookfield prévoit à nouveau 10 milliards de dollars d'investissements, après 20 milliards promis l'an dernier, avec un projet de data center d'un gigawatt à Escaudain. Ardian et sa filiale britannique veulent aussi faire émerger un campus géant de calcul IA en région pa
Trop chaud pour la croissance : les coûts économiques de la chaleur extrême
La chaleur extrême s'impose désormais comme un risque économique structurel, auquel l'Europe est particulièrement exposée. Les épisodes de stress thermique ont été multipliés par sept depuis les années 1980 et leur mortalité moyenne par cinq, en partie grâce à de meilleurs systèmes de mesure en Europe. Mais la hausse reflète aussi des fragilités structurelles : vieillissement, urbanisation retenant la chaleur et infrastructures de refroidissement insuffisantes. Le taux de climatisation reste faible en Europe (19% contre 90% aux États-Unis). Les effets économiques du stress thermique sont fortement non linéaires, avec un seuil critique situé autour de 30°C, au-delà duquel les pertes de productivité s'accélèrent nettement.
La chaleur extrême produit des effets économiques non linéaires : elle peut légèrement soutenir la productivité en réduisant les besoins de chauffage sous certains seuils, mais devient rapidement pénalisante au-delà . Entre 30°C et 35°C, chaque degré supplémentaire réduit d'environ 1,3 USD la production horaire (près de 3% en moyenne), principalement via le travail. Les salaires s'ajustant avec retard, les pertes touchent d'abord les entreprises avant les ménages. Parallèlement, la demande d'énergie augmente d'environ 1,2% par degré, renforçant les coûts. Un scénario de répétition des années les plus chaudes jusqu'en 2030 implique des pertes de PIB de 5 à 7% pour les pays les plus exposés, avec un recul de l'investissement d'environ 8%, fragilisant la capacité productive. Ces effets combinent ralentissement de la croissance, inflation et chômage, posant de forts défis macroéconomiques, notamment en zone euro.
Les conséquences budgétaires pèsent avant tout sur les économies les moins en mesure de les absorber. La chaleur réduit les recettes fiscales (–1,8% en France, –1,3% en Italie et Espagne, –0,7% en Allemagne) tout en augmentant les dépenses de santé, transferts indexés et dépenses d'urgence. Les déficits se détériorent d'environ 0,5% du PIB par an. L'Italie et l'Espagne risquent de dépasser les seuils de Maastricht, et la France subirait une pression additionnelle de 2,2% du PIB.
Les pertes assurées ne représentent encore qu'une faible part des dommages totaux, ce qui traduit un décalage entre ce que la chaleur détruit et ce que les mécanismes d'assurance traditionnels ont été conçus pour couvrir. En 2022, les pertes climatiques en Europe ont atteint 46 milliards d'euros, avec une faible couverture assurantielle. La chaleur provoque surtout surmortalité, pertes de productivité, tensions sanitaires et pression sur les infrastructures, mal couvertes par l'assurance classique. Ces risques diffus et systémiques compliquent l'assurabilité. Réduire le déficit de protection nécessite des produits paramétriques, un partage public-privé et une réassurance publique.
Les politiques d'adaptation à la chaleur en Europe restent davantage centrées sur la compensation des pertes que sur leur prévention. Selon le GIEC, combler le déficit d'adaptation requiert une action coordonnée sur le travail, les bâtiments, les finances publiques et les ménages. La protection des travailleurs nécessite des seuils de chaleur, des restrictions automatiques et une indemnisation élargie, encore absents en Europe. Le bâtiment reste incomplet malgré la révision européenne, faute de normes anti-surchauffe, de rafraîchissement passif et d'adaptation des réseaux électriques. Sur le plan des finances publiques, la plupart des économies européennes disposent de stratégies nationales d'adaptation, mais rares sont celles qui les ont intégrées dans des cadres budgétaires pluriannuels. Les politiques actuelles reposent surtout sur des réponses d'urgence, sans réduire la vulnérabilité structurelle.
Le principal angle mort concerne les ménages : malgré 40 000 milliards d'euros d'actifs financiers, une large part du logement reste inadaptée aux fortes chaleurs. Mobiliser l'épargne pour rénovation, rafraîchissement passif et solutions paramétriques pourrait combler le déficit d'adaptation. Mais l'épargne privée ne suffit pas : les ménages les plus exposés ne sont pas les plus riches. Des garanties publiques et mécanismes redistributifs sont nécessaires pour limiter les inégalités climatiques.
Face à Intel, Nvidia veut faire entrer les PC dans l'ère de l'IA "Réinventer le PC". Jensen Huang ne manque jamais d'ambition. Lundi, à l'occasion du Computex, le grand salon de l'informatique organisé à Taipei, Nvidia a dévoilé son tout premier processeur (CPU) destiné aux ordinateurs, marquant son entrée sur un marché historiquement dominé par Intel et AMD. Le patron du géant des cartes graphiques (GPU) promet ainsi une nouvelle gamme de machines conçues pour l'intelligence artificielle générative. "Une réinvention aussi importante que la transformation du téléphone en ce que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de smartphone", assure-t-il. Conçu en partenariat avec le taïwanais MediaTek, ce processeur repose sur l'architecture ARM, déjà omniprésente dans les smartphones mais encore marginale dans les PC. Il sera associé à un GPU au sein d'une "super puce" baptisée RTX Spark. Si Nvidia annonce des performances inédites, aucun élément de comparaison avec les CPU concurrents n'a été communiqué. Les premiers ordinateurs sous Windows équipés de cette puce – des modèles haut de gamme fabriqués par HP, Lenovo ou encore Dell – seront commercialisés cet automne. Ni le prix ni la date de lancement n'ont été précisés. IA en local L'offensive de Nvidia est soutenue par Microsoft, qui souhaite faire émerger une alternative aux processeurs basés sur l'architecture x86, cadenassés par Intel et AMD, seuls groupes à pouvoir les produire. Le groupe de Redmond cherche ainsi à reproduire la transition menée avec succès par Apple, qui a abandonné les processeurs Intel en 2020 au profit de ses propres puces ARM. Un virage qui s'est traduit par une progression de la part de marché des Mac, notamment sur le segment professionnel. En adoptant ARM, Microsoft espère bénéficier des mêmes gains de performance et d'autonomie. Au-delà de ces améliorations, ces nouveaux PC doivent aussi permettre de faire tourner localement des modèles d'IA et des agents autonomes – une option qui offre une exécution plus rapide, permet une utilisation hors connexion et évite les coûts d'inférence. La première tâche mobilise principalement le GPU, tandis que la seconde sollicite davantage le CPU. L'engouement récent autour de plateformes d'agents comme OpenClaw laisse entrevoir un potentiel commercial significatif pour ces machines, sur un marché en quête d'un nouveau souffle après plusieurs années d'innovation limitée. Échec de Qualcomm Nvidia n'est pas le premier à tenter de bousculer Intel et AMD. En 2024, Microsoft s'était déjà associé à Qualcomm, connu pour ses systèmes sur puce Snapdragon, utilisés dans les smartphones Android. Ensemble, ils avaient lancé une nouvelle génération d'appareils baptisés PC Copilot+, reposant sur l'architecture ARM et promettant des avantages similaires. L'éditeur de Windows affichait de fortes ambitions, tablant sur 50 millions d'unités écoulées la première année, soit environ 20% du marché. Mais, selon les analystes, les ventes se chiffreraient à seulement quelques millions. L'an passé, la gamme Copilot+ a été élargie à certains modèles équipés de puces x86 d'Intel et AMD. Sans grand effet. Au-delà du discours marketing, la promesse s'est heurtée à la réalité: des tarifs plus élevés, difficilement justifiés par des outils d'IA limités, parfois gadget, et très éloignés des avancées proposées par d'autres services. En outre, la fonctionnalité vedette Recall – un historique de tout ce qui a été vu ou fait, censé permettre de retrouver plus facilement des informations – a suscité davantage de craintes en matière de protection des données que d'enthousiasme. Essor des agents Pour échapper au même sort, Nvidia peut compter sur son image de marque, étroitement associée aux progrès de l'IA. Et sur l'essor des agents, qui va contraindre les entreprises et utilisateurs intensifs à mieux maîtriser leur consommation de tokens – ces unités de calcul qui servent à mesurer l'utilisation des modèles – sous peine de voir leur facture s'envoler, alors même que les acteurs du secteur revoient progressivement des politiques commerciales jusqu'ici très avantageuses. Dans ce contexte, le surcoût à l'achat pourrait être rapidement compensé par les économies réalisées à l'usage. Le projet apparaît en tout cas beaucoup moins stratégique qu'il ne l'était à son lancement en 2023. Depuis, le chiffre d'affaires de Nvidia a explosé, porté par la forte demande pour ses cartes graphiques dédiées à l'IA. L'an passé, ses revenus étaient ainsi plus de quatre fois supérieurs à ceux d'Intel, qui capte encore plus de 70% du marché des processeurs pour Windows. En outre, son prochain relais de croissance semble davantage venir de ses futurs CPU Vera, destinés à faire tourner des modèles et des agents. "Un marché qui n'existait pas auparavant", se félicite Jensen Huang.
Anthropic prend une longueur d'avance sur OpenAI dans la course à Wall Street La course à Wall Street est lancée entre Anthropic et OpenAI. Lundi, le premier a pris une longueur d'avance, en lançant officiellement son processus d'introduction en Bourse auprès des autorités américaines. Le concepteur de Claude devance son grand rival, qui devrait lui emboîter le pas dans les prochaines semaines, selon plusieurs médias. Les deux groupes ont choisi une procédure confidentielle, leur permettant de ne pas publier immédiatement leurs données financières. Ils espèrent finaliser leur opération après l'été, plus tôt qu'initialement envisagé. Premier bénéfice opérationnel Ce calendrier accéléré semble destiné à capter l'appétit, potentiellement colossal, des investisseurs pour les champions de l'intelligence artificielle générative. Certes, SpaceX – désormais propriétaire de la start-up xAI fondée par Elon Musk – sera le premier à entrer en Bourse cette semaine. Mais certains dirigeants d'Anthropic et OpenAI estiment qu'un avantage décisif pourrait revenir à celui qui devancera son rival. Les deux entreprises vedettes de l'IA souhaitent récolter plusieurs dizaines de milliards de dollars, sur la base d'une capitalisation supérieure à 1.000 milliards. L'annonce d'Anthropic intervient après l'officialisation d'une levée de fonds de 65 milliards de dollars, qui a porté sa valorisation à 900 milliards – contre 730 milliards pour OpenAI. Selon des documents internes, la société prévoit une hausse spectaculaire de son chiffre d'affaires au deuxième trimestre: 10,9 milliards, presque deux fois plus qu'au premier. Elle anticipe aussi un bénéfice opérationnel de 559 millions, le premier de son histoire, tout en prévenant que ces profits resteront temporaires alors qu'elle doit investir massivement pour accroître ses capacités de calcul.