On y est ! La campagne est ouverte en privé sur Ulule Cliquez sur l'image pour découvrir le film Ça commence aujourd'hui! Le livre et la coalition Bioconscience sont en train de naître 15 organisations incroyables nous ont transmis leurs images pour monter cette vidéo (merci Benjamin et Christelle). En 2025, elles ont formé des centaines de milliers de jeunes en France et dans le monde. À bout de bras. Et elles ont besoin de nous. Ce sont Baleine Sous Gravillon, Biogée, CEEBIOS, Flamingo et la LPO, Forêt Gourmande, Jane Goodall Institute, Learning Planet Institute, Les Amanins, Marge Sauvage, Mayane Education, Oceania, Tchendukua, Tara Océan et la Water Family. Le livre, le voici. Changer notre regard sur le vivant en 208 pages. DÉCOUVRIR LA PAGE DE CAMPAGNE On lancera dans le grand public la semaine prochaine, le mardi 9 juin. Ce livre devrait plaire à toutes celles et tous ceux qui aiment mes publications, et qui ont aimé Géoconscience. Vous y retrouverez un peu tout ce que j'aime : Des photos magnifique, des textes intrigants, stupéfiants et poétiques. Et surtout, une attention particulière à l'infinie beauté du vivant, qui nous entoure, qui nous traverse et qu'il faut préserver. C'est aussi un questionnement sur notre manière de penser le biologique, et son intégration dans nos décisions collectives. J'espère qu'il vous plaira :) Et on vous a concocté aussi de jolies contreparties, parfois avec les associations bénéficiaires, comme le Jane Goodall Institute, SATOR pour le Pack entreprise, et des surprises qui vont se révéler au fur et à mesure des semaines. Allez, on tente quelque chose… et au pire ça marche ! Mieux vaut allumer une bougie, que maudire les ténèbres. 🕯️
🔍 Décryptage : Vers une prochaine crise économique ? Les faits Depuis la crise financière de 2008, les banques sont soumises à des règles beaucoup plus strictes. Résultat : elles prêtent moins facilement aux entreprises jugées trop petites, trop endettées ou trop risquées. ➡️ C'est dans ce contexte qu'a explosé le crédit privé : au lieu d'emprunter auprès d'une banque, certaines entreprises se financent désormais auprès de fonds d'investissement, d'assureurs ou d'autres acteurs non bancaires. Ces fonds offrent souvent davantage de souplesse et des financements plus rapides. Au départ, l'idée était justement de sortir du système bancaire traditionnel, mais avec le temps, les grandes banques ont elles aussi développées des liens avec ce marché. Le Fonds monétaire international a d'ailleurs alerté sur cette interconnexion : en cas de choc, les pertes pourraient se propager au reste du système financier. 💥 Problème : les entreprises financées par ces crédits privés sont souvent déjà fragiles. En cas de ralentissement économique, de guerre, de crise financière ou de bouleversement technologique majeur, elles risquent davantage de ne plus pouvoir rembourser leurs dettes. Autre sujet d'inquiétude : le manque de transparence. Contrairement aux banques, les fonds de crédit privé ont moins d'obligations de publication. Certains parlent même de "finance de l'ombre". Des milliards d'euros circulent donc dans un marché dont il est parfois difficile d'évaluer précisément les risques, comme le souligne Les Echos . Pourquoi c'est important ? 📉 Plusieurs signaux d'alerte sont déjà apparus. Aux États-Unis, l'équipementier automobile First Brands, largement financé par du crédit privé, a par exemple déjà fait faillite. Pour Jamie Dimon, le patron des banques JPMorgan, ce type d'événement pourrait être le signe de difficultés plus larges, comme le rappelle CNN . Certains grands acteurs du crédit privé sont côté
Le Japon crée une réplique de la CIA et la Chine fait contre Uno Le Japon a-t-il peur de quelque chose ? Le 27 mai, la Première ministre Sanae Takaichi a fait voter la création d'un "Conseil national du renseignement" , histoire de muscler un appareil sécuritaire en sommeil depuis 1945. Un réarmement qui fait grincer les dents de Pékin, pressé de rappeler que la dernière fois que Tokyo a joué aux espions, cela s'est terminé par l'invasion de la Mandchourie. Preuve que derrière le vernis de la pop culture, l'archipel enclenche la marche arrière pour doubler son budget militaire d'ici 2027, menaces chinoise et nord-coréenne obligent. Pourquoi s'y intéresser ? Parce que le Japon nous a fait oublier ses vieux démons à grands coups de Pikachu et de sushis, mais que sa Constitution pacifiste de 1947 ressemble désormais à une relique idéaliste qu'on pousse discrètement sous le tapis pour faire de la place aux radars. Parce que la géopolitique asiatique n'est pas un manga de transition mais la saison 4 d'un vieux feuilleton toxique, où les fantômes de l'Unité 731 et du massacre de Nankin (300 000 morts) servent encore de carburant mémoriel pour justifier les prochains clivages. Parce que voir la troisième économie mondiale passer son budget militaire à 2 % du PIB prouve que le pacifisme par décret ne pèse plus grand-chose face à des voisins qui testent des missiles avant le petit-déjeuner.
No free lunch Le patron du New York Times, A.G. Sulzberger, a ouvert lundi à Marseille le Congrès mondial des médias WAN-IFRA avec un discours qui a fait mouche. Son constat : pour faire tourner leurs machines, les géants de la tech paient leurs puces et leur électricité au prix fort, mais s'autorisent à piller le travail des journalistes sans lâcher un centime. Un Napster de l'info qui a déjà liquidé 43 000 plumes aux États-Unis, menaçant de remplacer le reportage de terrain par une purée de lignes synthétisées par des chatbots en roue libre. Pourquoi ça nous concerne ? Parce que derrière la querelle de droits d'auteur, c'est le modèle même du journalisme d'investigation qui est en jeu : si plus personne ne paie ceux qui vont sur le terrain, l'IA n'aura bientôt plus rien d'autre à synthétiser que du vide ou de la propagande. Parce qu'à ce rythme, le débat public ne sera bientôt plus un espace de discussion mais un flux de données pollué par les deepfakes et les hallucinations algorithmiques, où les rares rédactions survivantes serviront de fusible thermique. Parce que si le patron du journal le plus puissant de la planète en est réduit à agiter une sonnette d'alarme dans un congrès, c'est que le commandant de bord a déjà sauté de l'avion et qu'il ne vous reste plus qu'à chercher le parachute.
PSG et Violence, un sujet éminemment politique L'après-match PSG-Arsenal a basculé dans le pillage de vitrines et les tirs de mortiers sur la police, provoquant le traditionnel court-circuit idéologique à gauche où l'on hésite entre "ne pas stigmatiser" et accuser la police. Un "silence de violette" qui verse dans l'aveuglement civique ? Dans LibreJournal , Laurent Joffrin dégoupille un édito cinglant, qui a retenu toute notre attention : À en juger par la modération des commentaires à gauche, il faudrait donc s'habituer à voir chaque événement sportif d'importance, gâché par quelques centaines de crétins agressifs qui trouvent plaisant de briser les vitrines et d'agresser les policiers. Ce silence pleutre – on craint de « stigmatiser les banlieues », ce qui reviendrait à désigner leurs habitants comme les seuls coupables, ce qui est un cliché aux connotations racistes – ouvre évidemment la voie aux outrances répressives et xénophobes de l'extrême droite, nourrissant les émissions fascisantes de CNews ou d'Europe 1. Combien de fois faudra-t-il écrire que ces violences n'ont aucune justification, qu'elles doivent être condamnées sans restriction, que leurs auteurs à la cervelle de pois chiche bafouent les valeurs républicaines de concorde et de respect de la loi, qu'elles s'attaquent délibérément à la tranquillité pub
🔍 Décryptage : El Niño : l'ONU lance l'alerte
Les faits
➡️ El Niño, le phénomène climatique qui avait notamment contribué à faire de 2024 l'année la plus chaude jamais enregistrée depuis le début des relevés en 1850, pourrait bientôt faire son retour. El Niño apparaît tous les 2 à 7 ans lorsque les eaux de surface de l'océan Pacifique se réchauffent anormalement. Ce phénomène modifie les conditions météorologiques dans de nombreuses régions du monde. Il peut provoquer des pluies torrentielles dans certaines zones habituellement sèches, comme le sud des États-Unis, mais aussi des sécheresses dans des régions tropicales où les précipitations sont normalement abondantes, notamment en Asie du Sud-Est. Selon les endroits, il peut également favoriser des incendies ou des cyclones plus importants.
🇺🇳 Selon le dernier bulletin de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), une agence de l'ONU, il existe désormais 80 % de chances qu'El Niño se développe entre juin et août, et même 90 % entre juillet et novembre. En raison des températures déjà très élevées observées dans le Pacifique, certains évoquent même un "super El Niño", un terme non officiel utilisé pour décrire les épisodes les plus intenses. L'OMM précise toutefois qu'une incertitude demeure concernant son intensité. Malgré cela, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, appelle à considérer la situation avec sérieux, estimant qu'El Niño risque d'aggraver les effets du réchauffement climatique déjà observés à l'échelle mondiale, comme le rapporte Franceinfo.
🌡️ Comme pour les vagues de chaleur records observées récemment, il s'agit d'un
L'OR DÉPASSE LES TREASURIES AMÉRICAINS DANS LES RÉSERVES MONDIALES Selon la Banque centrale européenne, l'or a dépassé les obligations d'État américaines comme premier actif de réserve des banques centrales. À la fin de 2025, le métal jaune représentait 27% des réserves mondiales, contre 22% pour les Treasuries américains. Autrement dit, l'actif qui incarnait depuis des décennies la sécurité ultime du système financier mondial n'est plus la dette américaine, mais l'or. Cette montée en puissance repose sur deux forces. D'abord, les banques centrales achètent massivement de l'or depuis plusieurs années. Ensuite, le prix du métal a connu un rallye historique, avec un cours qui a presque doublé en deux ans et dépassé 5 500 dollars l'once en janvier. ourquoi ça compte ? Parce que pendant des décennies, les obligations du Trésor américain étaient le socle des réserves mondiales. Elles étaient liquides, profondes, libellées en dollar et soutenues par la première économie mondiale. Mais leur poids recule : de 25% des réserves mondiales en 2024 à 22% en 2025. Depuis 2022, la dynamique s'est accélérée avec le gel des réserves russes en dollars après l'invasion de l'Ukraine. Pour de nombreuses banques centrales, le message a été clair : des réserves en devises peuvent être bloquées par décision politique. Avec plus de 36 000 tonnes d'or, les banques centrales détiennent désormais presque autant de métal qu'au sommet de l'ère Bretton Woods, lorsque le dollar était encore arrimé à l'or et que les taux de change étaient fixes. À l'époque, elles en possédaient environ 38 000 tonnes. La Chine, la Pologne, la Turquie et l'Inde figurent parmi les plus gros acheteurs depuis 2022.
L'INDE OFFICIALISE SA COMMANDE DE 114 RAFALE FRANÇAIS New Delhi a officiellement transmis à Paris sa lettre de demande pour l'acquisition de 114 avions Rafale, un contrat potentiel évalué à 33 milliards d'euros. Le chiffre est colossal. Si elle se concrétise, cette commande deviendrait l'un des plus grands contrats de l'histoire de l'industrie française de défense. Et le calendrier n'a rien d'anodin : la demande arrive quelques semaines avant la venue de Narendra Modi en France pour le G7. Cette lettre de demande n'est pas encore une signature, mais elle marque un basculement important. Après le feu vert accordé mi-février par le ministère indien de la Défense, New Delhi formalise désormais son besoin. La balle est dans le camp de Paris, qui devra répondre dans les deux à trois prochains mois. L'accord final, lui, pourrait intervenir dans le courant de l'année prochaine. L'armée de l'air et la marine indiennes ont déjà commandé 62 appareils. Avec cette nouvelle commande de 114 avions, le total grimperait à 176 Rafale. L'Inde cherche à moderniser rapidement ses forces aériennes dans un contexte régional sous haute tension, entre rivalité avec la Chine, tensions persistantes avec le Pakistan et montée des risques en mer. Le Rafale devient ainsi l'un des piliers de sa stratégie de puissance. La marine indienne a aussi exprimé son intention d'acquérir jusqu'à 31 Rafale supplémentaires pour répondre aux menaces maritimes. Si l'ensemble des dossiers aboutit, l'Inde pourrait exploiter plus de 200 Rafale. Dassault pourrait signer un contrat historique, et la France renforcerait encore son rôle de partenaire stratégique majeur de l'Inde. Pour Paris, ce serait une victoire industrielle, diplomatique et militaire.
L'EUROPE VEUT RÉDUIRE SA DÉPENDANCE AUX GÉANTS TECH AMÉRICAINS La Commission européenne vient de dévoiler un vaste "paquet souveraineté technologique", avec un objectif clair : réduire la dépendance de l'Union européenne aux géants américains du numérique dans le cloud, les puces, l'intelligence artificielle et les infrastructures critiques. L'Union européenne dépend aujourd'hui de fournisseurs non européens pour plus de 80% de ses produits, services et infrastructures numériques. Et sur le cloud, le rapport de force est encore plus dé
LA VOITURE ÉLECTRIQUE BAT UN NOUVEAU RECORD EN FRANCE La voiture électrique continue de gagner du terrain dans l'Hexagone. En mai, les modèles 100% électriques ont représenté 29% des immatriculations de voitures neuves, un nouveau record pour le marché français. Désormais, une voiture sur trois achetée par les ménages est une voiture à batterie, avec 34% de part de marché. Avec la hausse des prix du pétrole liée à la crise iranienne, rouler à l'électrique devient beaucoup plus attractif économiquement. Les automobilistes qui hésitaient encore entre essence et batterie commencent à faire leurs calculs : moins de carburant, moins d'exposition aux prix à la pompe, un coût d'usage plus prévisible. Quand le plein devient plus cher, la voiture électrique gagne un argument très concret : celui du portefeuille. Et cette dynamique est renforcée par le bonus écologique, dont le montant minimum pour les particuliers est passé de 3 100 à 3 500 euros pour les véhicules éligibles à l'éco-score. Renault fait partie des grands gagnants avec la R5 électrique, qui domine le classement des ventes électriques sur les cinq premiers mois de l'année, avec plus de 16 000 immatriculations. Mais Tesla signe aussi son grand retour après une année 2025 compliquée. En mai, le Model Y a largement dominé les ventes électriques avec 3 874 unités, soit près de 1 000 de plus que la R5. Depuis le début de l'année, le SUV de Tesla pointe désormais à la 8e place du marché français, toutes motorisations confondues. Les ventes de la marque ont été multipliées par sept en mai et bondissent de 156% depuis janvier.
LA CORÉE DU SUD DÉPASSE L'INDE EN BOURSE La Bourse sud-coréenne vient de dépasser celle de l'Inde pour devenir le sixième plus grand marché actions de la planète. Portée par l'explosion des semi-conducteurs et de l'intelligence artificielle, la capitalisation totale des sociétés cotées en Corée du Sud a bondi de 86% depuis le début de l'année, pour atteindre environ 5 000 milliards de dollars. L'Inde, elle, recule autour de 4 800 milliards. Le moteur de cette ascension tient en deux noms : Samsung Electronics et SK Hynix. Les deux géants sud-coréens de la mémoire viennent tous les deux d'entrer dans le club très fermé des entreprises valorisées plus de 1 000 milliards de dollars. Samsung et SK Hynix fournissent les puces mémoire indispensables aux data centers, aux GPU de Nvidia et aux accélérateurs qui font tourner les grands modèles d'intelligence artificielle. Sans mémoire rapide, pas de supercalculateurs efficaces. Sans HBM, pas d'IA à grande échelle. L'indice KOSPI a déjà largement dépassé l'objectif de 5 000 points fixé par le président Lee Jae Myung plus tôt cette année. Certains analystes de Wall Street parlent désormais d'un objectif à 10 000 points. Depuis le début de l'année, l'indice sud-coréen s'envole de plus de 90%, après une hausse déjà spectaculaire de 76% l'an dernier. En deux ans, Séoul est passé du statut de marché souvent décoté à celui de place boursière centrale dans la chaîne de valeur de l'IA.
L'INFLATION REPART À LA HAUSSE EN ZONE EURO En mai, les prix à la consommation ont progressé de 3,2% sur un an, contre 3,0% en avril, selon l'estimation rapide d'Eurostat. C'est le niveau le plus élevé depuis septembre 2023. Le principal moteur de cette hausse reste l'énergie. Les prix progressent de 10,9% sur un an, quasiment au même rythme qu'en avril. Le blocage du détroit d'Ormuz continue de perturber les marchés pétroliers et gaziers, avec un effet direct sur les coûts de transport, de production et de chauffage. Les prix des services accélèrent eux aussi, passant de 3,0% à 3,5%. Pour la Banque centrale européenne, c'est un indicateur particulièrement surveillé, car il reflète davantage les pressions internes : salaires, loyers, marges et coûts opérationnels. L'inflation hors énergie repart également à la hausse, à 2,4%, contre 2,2% le mois précédent. Une flambée de l'énergie peut parfois être considérée comme temporaire. Mais lorsque les prix hors énergie accélèrent aussi, le risque devient plus profond : les entreprises répercutent leurs coûts, les salariés de
Puces et data centers: comment l'Europe veut renforcer sa souveraineté technologique Des usines de puces et des data centers dédiés à l'intelligence artificielle. Mercredi, la Commission européenne a présenté son plan d'action pour renforcer la souveraineté technologique du continent, et ainsi réduire sa dépendance aux acteurs étrangers, en particulier aux géants américains du numérique. Le texte s'articule autour de deux mesures phares. La première est une deuxième version du Chips Act, destinée à accroître la production de semi-conducteurs. La seconde prend la forme d'un règlement sur le cloud et l'IA visant à augmenter massivement les capacités de calcul. Selon Bruxelles, 80% des achats européens de services et d'infrastructures numériques sont effectués auprès d'entreprises étrangères. C'est notamment le cas dans le cloud, un marché cadenassé par Amazon, Microsoft et Google. Et encore plus pour les cartes graphiques, indispensables pour entraîner et faire tourner des modèles d'IA générative, et fournies presque exclusivement par des groupes américains, à commencer par Nvidia. Au-delà des déclarations d'intention, la Commission ne précise toutefois pas le montant des financements qui pourront être mobilisés par les États membres. Échec du premier Chips Act Ce plan d'action intervient trois ans après le premier Chips Act. À l'époque, les responsables européens affichaient de fortes ambitions, espérant doubler la part de marché continentale dans la fabrication de semi-conducteurs d'ici à 2030 – ce qui revenait en réalité à quadrupler la production, compte tenu de la croissance attendue du marché. Bruxelles assure que 52 milliards d'euros d'investissements publics et privés ont été déployés. Un montant toutefois éloigné des objectifs initiaux: 30 milliards de subventions, laissant espérer entre 75 et 100 milliards d'investissements au total. Le premier Chips Act restera par ailleurs marqué par l'échec du projet le plus emblématique, porté par Intel, qui prévoyait la construction d'une méga-usine à Magdebourg, en Allemagne. Malgré les 10 milliards d'euros promis par Berlin, celui-ci n'a pas résisté au plan de réduction des coûts engagé par le groupe américain. Si l'Europe a bien réussi à attirer le fondeur taïwanais TSMC, jusque-là absent du continent, son futur site allemand, financé pour moitié par des fonds publics, ne produira pas de puces de pointe, contrairement aux usines récemment ouvertes aux États-Unis et au Japon. Trois ans plus tard, l'Europe reste bloquée à 10% de la production mondiale. Et l'objectif de 20% apparaît hors de portée, d'autant que les acteurs étrangers accélèrent fortement leurs cadences pour répondre à la demande liée à l'IA générative. Dans ces conditions, maintenir la part de marché à 10% semble déjà relever du défi. Dans sa nouvelle version du Chips Act, la Commission ne s'engage plus sur cet objectif et ne fixe aucune cible chiffrée. Elle indique seulement vouloir accélérer les procédures d'autorisation et soutenir des projets industriels encore inexistants en Europe. Tripler les capacités de calcul Côté data centers, Bruxelles se fixe pour objectif de tripler au moins la puissance de calcul à horizon de cinq à sept ans, afin de disposer de capacités suffisantes pour alimenter les services d'IA. L'exécutif européen évoque 200 milliards d'euros d'investissements, un chiffre potentiellement sous-estimé. Pour multiplier les projets, il mise sur la simplification administrative ainsi que sur un accès facilité à l'énergie et à l'eau. Des leviers qui bénéficieront également aux géants américains du cloud, déjà capables de réaliser de tels investissements. Le règlement sur le cloud et l'IA s'ajoute au projet de "gigafactories" d'IA annoncé l'an passé par la Commission. Celui-ci prévoit de mobiliser 20 milliards d'euros, sous forme de subventions ou de commandes publiques garanties, afin de financer jusqu'à cinq data centers géants, capables d'entraîner la "prochaine génération de modèles d'IA". Les modalités du futur appel d'offres sont toujours en discussion. En France, la plateforme de cloud Scaleway, filiale d'Iliad, maison mère de l'opérateur Free, a présenté le mois dernier un consortium en vue d'accueillir l'un de ces sites.
Microsoft dévoile ses propres modèles pour revenir dans la course à l'IA générative Après s'être longtemps reposé sur son partenariat avec OpenAI, Microsoft veut désormais afficher ses progrès dans l'intelligence artificielle générative. Mardi, en ouverture de sa conférence annuelle Build, le géant de Redmond a ainsi dévoilé pas moins de sept nouveaux modèles développés en interne par une division créée en novembre. Des modèles "de classe mondiale", selon Mustafa Suleyman, le patron de l'IA chez Microsoft, dont les performances se rapprochent de celles des références du marché. Associés aux puces maison, ils permettraient aussi de réduire les coûts d'inférence. Modèle de raisonnement Dans cette gamme, deux modèles occupent une place particulièrement stratégique pour le groupe. Le premier, MAI Thinking, est un modèle de raisonnement capable d'exécuter des tâches plus complexes. Il représente une vitrine technologique pour démontrer le savoir-faire de ses équipes. Le second, MAI Code, est dédié à la programmation informatique, nouveau champ de bataille entre OpenAI, Anthropic et plus récemment Google. Les autres modèles couvrent la génération d'images et de voix, ainsi que la transcription – ce dernier étant "le meilleur au monde" selon Mustafa Suleyman. Ces modèles ne sont pas directement accessibles au plus grand nombre. Leur vocation première est d'être intégrés à l'offre Foundry, qui permet aux clients de la plateforme de cloud Azure d'utiliser différents modèles d'IA, dont ceux d'OpenAI et d'Anthropic. Microsoft souhaite les positionner comme des alternatives performantes mais moins coûteuses, dans un contexte d'explosion des dépenses liées à l'IA pour les entreprises. Une partie de ces modèles sera déployée dans les outils bureautiques du groupe. À terme, ils alimenteront aussi la future "super app" Copilot, attendue cet été. Plan B Pendant longtemps, Microsoft n'a pas cherché à concevoir ses propres modèles d'IA générative, s'appuyant sur un contrat d'exclusivité conclu avec OpenAI en 2019, en échange d'un investissement d'un milliard de dollars. L'entreprise était alors le seul acteur du cloud à proposer les services du créateur de ChatGPT, un avantage concurrentiel majeur face aux plateformes d'Amazon et Google. Sa stratégie a commencé à évoluer fin 2023, après la tentative avortée d'éviction de Sam Altman, le patron d'OpenAI. Un épisode qui a mis en lumière une relation de dépendance dès lors jugée trop risquée. Dans la foulée, Microsoft a activé un plan B, en procédan
8% des entreprises ont un retour sur investissement avec l'IA 💸 Le cabinet d'études KPMG vient de rendre son rapport annuel AI Pulse, mené auprès des entreprises de 20 pays, dont la France. Les chiffres disent beaucoup sur la transition actuelle : 95% des entreprises interrogées ont une "stratégie IA", 64% disent en tirer des "bénéfices réels", mais seules 8% décrivent un retour sur investissement "mesurable". " Des bénéfices, mais qu'on ne peut pas mesurer : IA et homéopathie, même combat " – Mat, hypocondriaque
Des dessins animés 100% IA sur Amazon Prime 🚸 La boîte de Jeff Bezos vient d'annoncer la mise en production de trois séries animées pour enfants, qui seront disponibles sur le service de streaming Amazon Prime. On vous donne leur nom pour vous éviter de perdre du temps (ou si vous êtes curieux) : Love, Diana: Music Hunters , Cupcake & Friends et Punky Duck . Pas de date annoncée encore. " Si on ferme les yeux, c'est pareil qu'un vrai! " — Mat, optimiste
"Le Chat" de Mistral devient "Vibe" 🤷 Le français Mistral vient de dévoiler un changement de nom, et avec ça de marketing : son chatbot "Le Chat" prend désormais le nom de son outil de code (pensez Claude Code, par exemple) pour s'appeler "Vibe". Derrière ce rebranding, Mistral veut se positionner avant tout comme un outil de travail, capable d'écrire les mails, de gérer les documents, et bien sûr de coder, tout cela dans une même fenêtre. " Mistral vient de perdre son seul avantage face aux géants US : son côté frenchy " — Greg, chauvin
Le premier long-métrage entièrement généré par IA a fait sa première à Cannes. Le Wall Street Journal lui consacre un article admiratif : 95 minutes où chaque personnage, décor et accessoire a été construit par une IA générative. Sur LinkedIn , le patron de Higgsfield (la start-up d'IA qui a fait le film) Alex Mashrabov, jubile : "depuis des décennies, Cannes est la salle où le nouveau cinéma se fait légitimer". Sauf que "Hell Grind" n'a jamais mis un pied au Festival. Pas de sélection officielle, pas de tapis rouge. Le service de presse de Cannes confirme à Futurism que le film "n'a pas été projeté dans le cadre de la programmation officielle" : tout au plus une "projection tierce" dans un cinéma de la ville, dans le cadre de ce qu'on appelle le "Marché du film". Le Marché est bel et bien une composante accréditée de Cannes. Sauf que c'est le bas de gamme : un endroit où l'on projette n'importe quel film moyennant finance... qui a par exemple accueilli le navet Sharknado . Le plus fort, c'est que le bluff a marché. Le WSJ s'est fait berner et a écrit que le film était projeté au Festival de Cannes, avant de procéder à une correction en catimini le 26 mai (d'ailleurs, Mashrabov a également modifié son post LinkedIn ). Le vénérable journal n'est pas le seul à halluciner. Hell Grind a coûté 500 000 dollars, dont 80 % pour la génération de vidéos par IA. Et rien que pour ses 25 premières minutes, il a fallu 16 181 générations vidéo pour 253 plans. Ca fait beaucoup de gâchis. Et pour un résultat qui... Bon, allez, on vous donne le teaser et on vous laisse juger, chacun ses goûts. SCORE BULLSHIT ▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓▓░░ 90%
Il y a quelques semaines, dans notre Signal faible, on vous parlait d'Uber qui avait cramé tout son budget annuel de Claude Code (l'agent IA d'Anthropic) en à peine trois mois. On était sûr qu'on vous en reparlerait. Eh bien voilà . Le directeur des opérations d'Uber a fini par lâcher le morceau : justifier ces dépenses pour l'IA devient "de plus en plus difficile". D'un côté, ses ingénieurs faisaient tourner des agents lisant et générant des millions de "tokens". De l'autre, il a voulu voir si cela améliorait la production de ses employés. Je pense que vous devinez la suite : c'est non. Et ce concept a bien évidemment un nom en "ing", comme toutes les modes : le "tokenmaxxing". Le tokenmaxxing, c'e
GitHub enclenche le début de la fin des abonnements illimités dans l'intelligence artificielle De 10 à 39 dollars par mois à plusieurs milliers de dollars. Depuis lundi, les utilisateurs les plus intensifs de GitHub Copilot voient leur facture potentielle s'envoler. En cause: une nouvelle politique tarifaire, basculant d'un abonnement quasi illimité vers une facturation à l'usage réel. "Une étape clé pour assurer la pérennité du modèle économique", justifie la plateforme dédiée aux développeurs, rachetée en 2018 par Microsoft pour 7,5 milliards de dollars. Une évolution dictée par une réalité: son outil de génération de code lui coûte aujourd'hui bien plus cher qu'il ne lui rapporte. L'écart entre les coûts et les revenus de l'intelligence artificielle générative n'a rien de nouveau. Mais la décision de GitHub symbolise un début de changement de paradigme. Au-delà de la nécessité de trouver un équilibre financier, l'essor des agents autonomes, capables de fonctionner en continu, rend le modèle par abonnement de plus en plus difficile à soutenir. En avril, Anthropic et OpenAI ont déjà fait évoluer certaines de leurs offres destinées aux grandes entreprises vers une facturation à l'usage pour leur plateforme de programmation respective Claude Code et Codex. Les agents creusent les pertes Cette situation s'explique par l'importance des coûts liés à l'inférence, c'est-à -dire l'exécution des modèles d'IA pour générer des textes, des images ou du code. Pendant longtemps, les principaux acteurs du secteur ont absorbé cette facture, en proposant des abonnements facturés en dessous de leur prix de revient. Un choix autant qu'une contrainte pour installer des nouveaux usages, notamment en entreprise, et conquérir des parts de marché afin d'atteindre une taille critique. En 2023, GitHub perdait ainsi 20 dollars par mois et par abonné, rapportait alors le Wall Street Journal. Depuis, cette équation économique s'est encore dégradée sous l'effet des avancées technologiques. Dans la programmation, les outils d'IA ne se contentent plus de compléter ou de corriger le travail des développeurs. Avec l'essor des agents, ils peuvent désormais "exécuter de longues sessions de développement en plusieurs étapes", souligne GitHub. Certaines entreprises affirment ainsi que la majorité de leur code est aujourd'hui produite par l'IA. "L'usage agentique devient la norme", poursuit la filiale de Microsoft, ce qui "entraîne des exigences de calcul et d'inférence nettement plus élevées". Vers la fin des abonnements ? Les pertes par abonnement se sont donc creusées de manière significative. Si aucune entreprise ne communique de chiffres précis, des captures d'écran publiées sur Reddit par des clients de GitHub Copilot donnent un ordre de grandeur. Celles-ci montrent que l'utilisation de l'outil leur aurait coûté plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de dollars par mois avec le nouveau système de facturation à l'usage. Des estimations similaires sont également avancées pour les gros utilisateurs de Claude Code qui y accèdent via les offres payantes d'Anthropic. L'abandon de ces politiques tarifaires particulièrement avantageuses présente un risque: une fuite des abonnés vers des services qui s'appuient encore sur des offres forfaitaires. Sur Reddit, de nombreux utilisateurs de GitHub Copilot assurent ainsi qu'ils comptent migrer vers la concurrence. Anthropic et OpenAI semblent pour l'instant relativement épargnés, ayant mis en place des évolutions moins brutales et comparables. Reste à savoir si l'un d'entre eux prendra le risque de revenir sur les abonnements illimités, une option évoquée au printemps par Sam Altman, le patron d'OpenAI.
Pour financer ses investissements dans l'IA, Google prépare une augmentation de capital inédite Jamais Google n'avait eu recours à une telle opération. Pour la première fois depuis son introduction en Bourse en 2004, le moteur de recherche – intégré depuis 2013 au sein de sa maison mère Alphabet – s'apprête à vendre des actions sur les marchés. Cette augmentation de capital, d'un montant de 80 milliards de dollars, doit financer ses investissements colossaux dans l'intelligence artificielle générative. Elle illustre aussi l'ampleur des besoins en capitaux des géants technologiques américains, désormais bien supérieurs à leurs capacités actuelles d'autofinancement. Flux de trésorerie négatifs Depuis trois ans, les investissements de Google ont été multipliés par six. Le groupe de Mountain View cherche à accroître massivement ses capacités de calcul afin de répondre à la fois aux besoins de ses propres modèles d'IA, comme Gemini, et à ceux des clients de sa plateforme de cloud. Cette année, ses dépenses en capital (capex) devraient doubler pour atteindre entre 180 et 190 milliards de dollars, contre seulement 32 milliards en 2023. Et elles devraient encore augmenter "significativement" l'an prochain, a prévenu en avril la directrice financière d'Alphabet. Le niveau de ces investissements est tel que Google pourrait afficher des flux de trésorerie négatifs en 2026, une première depuis son arrivée à Wall Street. Autrement dit, ses capex pourraient être supérieurs aux liquidités générées par l'ensemble de ses activités. Pour poursuivre sur cette trajectoire, la société doit donc trouver de nouvelles sources de financement. Outre sa future augmentation de capital, elle a déjà procédé, au cours des douze derniers mois, à plusieurs émissions obligataires libellées dans six devises différentes, pour un montant total de 85 milliards de dollars. Amortissement sous-estimé ? Google n'est pas un cas isolé. Amazon, Meta et Microsoft devraient investir 500 milliards cette année. Tous mettent en avant le potentiel considérable de l'intelligence artificielle générative. Face à la concurrence, le principal risque n'est pas de "mal dépenser quelques centaines de milliards", estime Mark Zuckerberg, mais "d'avancer trop lentement". Dans cette optique, il faut bâtir l'infrastructure informatique la plus vaste possible, capable d'accompagner l'explosion attendue des usages, notamment l'essor des agents d'IA, appelés à automatiser un nombre croissant de tâches en entreprise. Aucun de ces groupes ne risque une implosion financière. Les interrogations portent sur le niveau de revenus que l'IA permettra réellement de générer. D'autant que les cartes graphiques ont une durée de vie limitée, à mesure que des modèles plus performants arrivent sur le marché. Se pose alors la question de l'amortissement – un principe comptable qui permet d'étaler les investissements dans le temps. L'investisseur Michael Burry accuse ces sociétés de les sous-estimer [ https://substack.com/redirect/f62cb214-e1ca-427f-9c91-14757400288f?j=eyJ1IjoiODZtZHc4In0.90GC0A0ErF8x40p78mrmttgDq2jszH6obAJ73YWGN1o ]. Une pratique qui permettrait de limiter artificiellement – et surtout provisoirement – l'impact des capex sur les profits.