🔍 Décryptage : Disparition de Lyhanna : des dysfonctionnements judiciaires ? Les faits Le 29 mai au soir, Lyhanna, une collégienne de 11 ans, disparaît à Fleurance (Gers) après les cours. Ses parents alertent immédiatement les autorités et d'importantes recherches sont lancées avec l'aide d'habitants. Rapidement, plusieurs témoignages et des images de vidéosurveillance orientent l'enquête vers un homme, Jérôme Barella, père d'une camarade de la victime. On y voit la fillette monter dans son véhicule, dernière image connue d'elle. Il est placé en garde à vue dès le lendemain puis mis en examen le 1er juin pour enlèvement et séquestration d'un mineur de moins de 15 ans, comme le rapporte RFI . Le 7e jour de la disparition, le corps de Lyhanna est découvert dans un ancien silo a grains désaffecté, à une quinzaine de kilomètres des lieux. Le site aurait déjà été fréquenté par le suspect dans le cadre de son travail. Au fil de l'enquête, de nouvelles révélations émergent sur le passé du suspect, pour l'instant présumé innocent. Bien que sans condamnation inscrite au casier judiciaire, plusieurs plaintes auraient été déposées contre lui ces dernières années. Certaines affaires ont été classées faute de preuves ou de charges suffisantes, d'autres sont encore en cours. Des dysfonctionnements judiciaires ? En 2017, une relation entre une adolescente de 17 ans et lui avait été signalée, sans poursuites. En 2022, une plainte pour viol sur mineur de moins de 15 ans est classée. En 2025, une plainte pour viol sur une enfant de 10 ans est déposée et reste en cours d'instruction. Une autre plainte récente vient également s'ajouter, comme le rapporte Le Monde . Ces éléments relancent le débat sur le fonctionnement de la justice : lenteurs des procédures, difficultés à traiter les signalements et protection des mineurs. Le gouvernement affirme avoir renforcé les moyens
#BULLETIN DE SANTÉ Google vient de jouer le plus gros coup de poker de ces 20 ans Fini les mots-clés, au Google Marketing Live mi-mai, la firme a fait sauter la table en injectant de la pub directement au cœur des réponses de son IA. Le géant cannibalise délibérément sa visibilité Search classique, qui pèse pourtant la moitié de ses revenus. C'est un peu comme brûler sa propre maison à 224 milliards de dollars pour être sûr que les concurrents ne squattent pas le terrain. C'est à lire dans Métamorphoses par Stéphane Amarsy.
Des sondages sans répondants Repéré par Psycho Papers , les instituts de sondage font désormais face à un désert : plus personne ne décroche au téléphone. Pour y remédier, les pros ont trouvé la parade : ils utilisent le silicon sampling en demandant à une IA de simuler les réponses de 1 000 faux profils. On calcule ainsi l'avenir avec un algorithme qui ne connaît que le passé, reconduisant les vieux clichés sans jamais capter l'inédit. À ce stade, autant demander à votre four connecté ce que pense la France profonde. L'analyse complète est à lire sur le New York Times .
La France championne du monde de la destruction de son propre patrimoine Dans une enquête du Dessous des Étiquettes, on découvre que l'État subventionne à grands coups de millions l'arrachage des vignes françaises pour éponger la surproduction. Tout le monde y passe, les petits domaines comme les AOP. En gros, on produit plus de vin qu'on en vend, et cette politique d'arrachage a pour but de rééquilibrer les marchés. Les héritiers préfèrent la prime à la restructuration plutôt que de reprendre le domaine familial, un métier qui ne fait plus rêver. On liquide ainsi un patrimoine centenaire, une filière qui pèse 1,4 % du PIB et 13 milliards d'excédent commercial. A la vôtre.
Des gens se demandent si le ballon de la coupe du monde de foot est assez rond À quelques jours du Mondial, une poignée de physiciens s'inquiete pour le nouveau ballon Adidas, le Trionda , qui n'a que 12 axes de symétrie contre 60 habituellement. Traduction : frappé sans effet, sa trajectoire devient aussi imprévisible qu'une savonnette dans une douche. On l'a déjà vu en 2010 avec le Jabulani , ce ballon si imprévisible que les gardiens avaient fini par le détester . Bref, à quelques semaines d'une compétition à plusieurs milliards, l'article dédié de la très sérieuse revue SCIAM prouve à quel point la rondeur d'une sphère peut saboter le sommeil des experts.
🔍 Décryptage : Trump est en guerre contre le climat Les faits 🌊 Près de 900 instruments de mesure installés en 2016 en eaux profondes dans les océans Pacifique et Atlantique et qui devaient fonctionner pendant 25 ans, vont être démantelés dans les 15 prochains mois. Il s'agit de balises, capteurs et systèmes câblés d'une valeur de 365 millions de $ qui collectent des données afin de surveiller les océans. Ces équipements permettent notamment aux scientifiques de mieux anticiper les séismes et tsunamis, d'étudier la manière dont l'océan absorbe les gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique, ou encore d'observer l'impact des variations de température sur le climat et la pêche, comme le souligne CNN . 🌍 L'ensemble de ces instruments fait partie d'un programme de recherche états-unien, dont les données sont utilisées par des chercheurs du monde entier. Beaucoup considèrent d'ailleurs ce réseau comme l'un des systèmes d'observation océanique les plus avancés au monde. Pourquoi les supprimer ? Officiellement, l'administration Trump affirme vouloir réduire les dépenses. Selon elle, la suppression du réseau permettra d'économiser environ 48 millions de $ par an, soit son coût d'exploitation. Mais de nombreux élus et scientifiques rappellent que les infrastructures existent déjà, qu'elles ont été financées et installées, et que leur retrait engendrera lui-même des coûts importants, comme le rapporte le New York Times . ➡️ Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que l'administration Trump s'en prend à ce programme. Elle avait déjà tenté par le passé d'en réduire le budget de 80 %, sans succès. Aujourd'hui, le gouvernement parle d'une simple "réduction de périmètre", mais pour de nombreux experts, cela revient à condamner le réseau. © Abaca Pourquoi c'est important ? Alors que les dernières années ont été marquées par de nombreux records de température et par une multiplication des phénomènes climatiques extrêmes, plusieurs ONG dénoncent des décisions qui affaiblissent les efforts de lutte contre le changement climatique.
Une fois n'est pas coutume, on vous propose cette semaine un petit test ! Très simple d'apparence, et pourtant, peu de personnes se révèlent capables d'y arriver : êtes-vous capable de citer trois personnalités vivantes de nationalité chinoise ?
La question a été posée sur LCI aux experts présents en plateau. À part Xi Jinping, président de la République populaire de Chine, aucun autre nom n'est sorti. Le « test des trois Chinois » figure dans le dernier numéro de la revue Le Grand Continent.
Selon son fondateur, Gilles Gressani, notre incapacité à citer trois figures chinoises «dit quelque chose de fondamental. On vit avec des représentations mentales du XXe siècle. On vit toujours en 2000 alors qu'on est désormais plus proche de 2050. En 2026, la Chine représente la moitié de ce qui compte en géopolitique et en économie. Il y a donc un problème quand des personnes cultivées, qui s'intéressent aux affaires internationales, qui lisent la presse, ont du mal à se représenter l'existence de trois personnes chinoises. C'est une urgence démocratique : le XXIe siècle sera en partie chinois et, si nous ne le comprenons pas, nous n'entrerons pas dans le XXIe siècle. »
"Keir today, gone tomorrow" "Keir Starmer a échoué de manière abjecte. Il doit partir" Editorial, The Economist, 14 mai 2026 La presse britannique est connue pour avoir la dent particulièrement dure vis-à-vis du pouvoir politique. Mais le tir à boulets rouges depuis plusieurs semaines sur le Premier ministre britannique Keir Starmer n'en est pas moins saisissant. Le prestigieux et influent magazine The Economist en offre le parfait exemple, enchaînant les titres allant du jeu de mots féroce - "Keir today, gone tomorrow" , là aujourd'hui, parti demain - à l'injonction d'une rare violence: après avoir "échoué de manière abjecte" , le Premier ministre doit partir, tranche l'hebdomadaire dans un éditorial publié le 14 mai . "Il y a moins de deux ans, Keir Starmer a été élu sur la promesse d'épargner le populisme à la Grande Bretagne. Comme Emmanuel Macron en France et Friedrich Merz en Allemagne, sa mission consistait à démontrer qu'une politique compétente valait davantage que les promesses vides de démagogues. Cette semaine, il est apparu combien il avait échoué de manière abjecte" . peut-on ainsi lire. Déroute électorale Mais que reproche-t-on exactement au Premier ministre ? D'avoir mené son camp à la déroute électorale aux élections locales du 7 mai. Porté au pouvoir par une vague historique donnant au Labour une majorité de 165 sièges à Westminster, Keir Starmer a conduit son parti vers un rejet tout aussi spectaculaire à l'occasion de ces scrutins régionaux avec en Angleterre, environ 1500 sièges perdus. Au Pays de Galles, le parti travailliste ne détient plus que 9 des 96 sièges au parlement local, où il était la force dominante avant les élections. En Écosse, le parti parvient tout juste à rester en tête après avoir perdu 17 sièges, le plus mauvais résultat de son histoire. "Ces résultats sont durs, très durs" , a dû reconnaître Keir Starmer. Avant d'ajouter : "Je ne vais pas fuir ces défis et plonger le pays dans le chaos." Malgré cette volonté affichée de s'accrocher, il apparait néanmoins chaque jour davantage comme un chef de gouvernement en sursis. Navigation à vue Car les électeurs lui ont fait payer au prix fort le fait de ne pas voir arriver le changement promis. Les mesures annoncées allaient parfois en sens inverse de ce qu'ils attendaient, à l'image de la réforme de la subvention accordée aux retraités pour payer leur facture d'énergie, soumise désormais à des conditions de revenus. La loi sur le droit des travailleurs ("Workers rights bill") est fréquemment citée comme un autre exemple de l'échec de la méthode Starmer. Elle se voulait initialement radicale, mais a été ramenée à des ambitions beaucoup plus modestes après les protestations des milieux d'affaires. Résultat: le Premier ministre a perdu sur les deux tableaux. Les droits des salariés n'ont pas véritablement progressé. Les patrons restent méfiants. À cette incapacité à réformer avec audace et efficacité s'ajoutent des critiques plus personnelles, là encore parfaitement résumées par l'éditorial assassin de The Economist . "Un premier ministre a besoin d'autorité et de clarté, écrit l'hebdomadaire. Il s'avère que Keir Starmer ne possède ni l'une ni l'autre. Il est incapable de présenter une vision. Il n'est ancré dans aucune" . Le boulet Mandelson Mais c'est peut-être de Washington qu'est venu le coup de grâce. Keir Starmer attendait beaucoup de la nomination comme ambassadeur aux É tats-Unis de Peter Mandelson . Figure
🏠 Paris, Berlin, Dublin, Amsterdam : pourquoi les loyers s'envolent partout en Europe ?
📌 Contexte
Dans toutes les grandes villes européennes, la même scène se répète. Des centaines de candidats pour un seul appartement, des loyers qui explosent, des familles qui partent en banlieue parce qu'elles n'ont plus les moyens de rester en ville.
Ce n'est pas une impression. Entre 2010 et 2025, les prix des logements en Europe ont augmenté de 61% et les loyers de 29%, selon Eurostat. Les salaires, eux, n'ont pas suivi. Aujourd'hui, 8% des ménages européens consacrent plus de 40% de leurs revenus à se loger. Et 46% des locataires du marché privé en Europe déclarent se sentir menacés de ne plus pouvoir payer leur loyer dans les trois prochains mois.
L'Europe est dans une crise du logement depuis des années. Alors pourquoi les gouvernements n'arrivent pas à l'enrayer?
☝️ Faits
On peut compter 3 causes principales à cette crise.
1. On ne construit pas assez. C'est la cause principale. La Commission européenne estime que l'Europe devrait produire plus de 2 millions de logements par an pour répondre à la demande. Elle en produit bien moins. La raison : la crise financière de 2008 a provoqué un effondrement de l'investissement dans la construction, et le secteur ne s'en est jamais vraiment remis. En France, 25 000 emplois dans le bâtiment ont disparu au premier trimestre 2024 seulement. En 2022 et 2023, la BCE a remonté ses taux d'intérêt de 0% à 4% en 18 mois pour lutter contre l'inflation, ce qui a rendu les crédits immobiliers bien plus chers et a encore ralenti la construction neuve.
2. Airbnb aspire l'offre disponible. Dans les villes touristiques, une partie croissante des logements est désormais louée à la nuit plutôt qu'à l'année. En 2024, 854 millions de nuitées ont été réservées en Europe via Airbnb, Booking et Expedia, soit presque deux fois plus qu'en 2018. À Paris, Airbnb représente près de 10% des logements disponibles. Ce sont autant d'appartements retirés du marché locatif classique, ce qui réduit encore l'offre et fait monter les loyers pour les résidents permanents.
3. Les investisseurs ont transformé le logement en placement financier. Quand les taux étaient à zéro après 2015, l'immobilier est devenu l'une des rares classes d'actifs rentables. Les fonds d'investissement, les grandes fortunes et les particuliers aisés ont acheté massivement pour louer. Résultat : les prix ont décroché des revenus réels. Le logement est devenu un produit financier avant d'être un bien de première nécessité
🎯 Impacts
Ce sont les jeunes et les ménages modestes qui paient la facture. En moyenne, les ménages européens à faibles revenus consacrent 37% de leurs ressources au logement. Les jeunes actifs restent plus longtemps chez leurs parents, faute de pouvoir accéder à un premier appartement. Dans certains pays comme l'Irlande, les loyers ont doublé depuis 2010, soit une hausse de 115%.
Les gouvernements ont répondu par des subventions côté demande, des aides à l'achat, des chèques loyer. C'est souvent contre-productif : subventionner la demande sans augmenter l'offre fait juste monter les prix un peu plus vite. Ce que presque aucun gouvernement n'a voulu toucher, ce sont les intérêts des propriétaires, qui votent et qui ne veulent pas voir leurs biens perdre de la valeur.
En mars 2025, la Commission européenne a présenté son premier plan de logement abordable, avec 10 Mds d'euros à débloquer via la Banque européenne d'investissement. C'est un début. Mais tant que les permis de construire prendront des années à obtenir, que les villes touristiques ne réguleront pas Airbnb sérieusement, et que le logement restera un actif financier comme les autres, la crise continuera.
Les gouvernements européens ont passé dix ans à subventionner la demande de logement sans jamais vraiment toucher à l'offre. Ils ont choisi le confort politique. Les locataires paient la note.
🍼 Moins de bébés, moins de croissance ?
Le taux de fécondité mondial est passé d'environ 5 naissances par femme dans les années 1960 à une moyenne de 2,2 en 2024. En apparence, ça reste proche du seuil de remplacement. Mais derrière cette moyenne mondiale se cache une fracture profonde. 71 % de la population mondiale vit aujourd'hui dans des pays dont le taux de fécon
À PARTIR DE 4 292 EUROS PAR MOIS, VOUS ÊTES CONSIDÉRÉ COMME RICHE EN FRANCE À partir de 4 292 euros par mois après impôts pour une personne seule, vous êtes considéré comme riche en France selon le dernier rapport de l'Observatoire des inégalités. D'après l'organisme, 4,8 millions de personnes sont riches en France, soit 7,5% de la population. Le seuil retenu correspond à plus du double du niveau de vie médian. Concrètement, cela représente 4 292 euros par mois pour une personne seule, 6 438 euros pour un couple sans enfant, et 10 730 euros pour un couple avec deux adolescents. Parmi les actifs considérés comme riches, 74% sont cadres supérieurs dans le privé ou dans le public, et 13% sont chefs d'entreprise. L'âge joue aussi un rôle majeur : 73% des personnes riches ont plus de 45 ans. L'Observatoire des inégalités s'est aussi intéressé au patrimoine. Selon son rapport, 11% des Français sont riches en patrimoine, c'est-à-dire qu'ils possèdent plus de 820 400 euros d'actifs. Ce seuil correspond à environ quatre fois le patrimoine médian français, estimé à 205 100 euros. Attention toutefois : on parle ici du patrimoine brut, sans déduire l'endettement. Le seuil d'entrée dans les 10% les plus riches a progressé de 24% entre 1996 et 2023. Mais surtout, leur niveau de vie moyen a augmenté de 40%, soit deux fois plus vite que celui des 10% les plus pauvres. Et tout en haut de la pyramide, l'écart devient vertigineux : les 500 plus grandes fortunes de France ont vu leur valeur globale être multipliée par 6,6 en vingt ans.
LES SALARIÉS FRANÇAIS SONT À LA TRAÎNE SUR L'IA Les travailleurs français adoptent l'intelligence artificielle moins vite que le reste du monde. Selon une étude du Boston Consulting Group, seulement 62% des salariés français utilisent régulièrement l'IA au travail. C'est même moins que l'an dernier, où ils étaient 64%. À l'échelle mondiale, 74% des employés déclarent utiliser régulièrement l'IA, contre 51% l'année précédente. Autrement dit, l'usage de l'IA au travail a bondi de 23 points en un an dans le monde, pendant que la France recule légèrement. la France se retrouve en queue de peloton. Avec 62% d'utilisateurs réguliers, elle se situe au même niveau que l'Italie et les États-Unis, eux aussi en repli. À l'inverse, certains pays ont déjà largement basculé : 95% des salariés en Inde utilisent régulièrement l'IA, et 93% au Moyen-Orient. Selon le BCG, il existe une vraie différence d'état d'esprit. Dans les pays occidentaux, l'IA est plus souvent perçue comme un risque : menace pour l'emploi, perte de contrôle, fiabilité des réponses, confidentialité des données. Dans les pays du Sud, elle est davantage vue comme un outil d'accélération, de productivité et d'opportunité. En moyenne, 42% des salariés qui utilisent régulièrement l'IA estiment gagner au moins une journée de travail par semaine grâce à elle. En France, ils ne sont que 20% à déclarer un tel bénéfice, soit deux fois moins.
ASML DEVIENT L'ENTREPRISE EUROPÉENNE LA PLUS VALORISÉE DE L'HISTOIRE Jamais une entreprise européenne cotée n'avait valu autant en Bourse. Le néerlandais ASML, champion mondial des machines pour fabriquer les semi-conducteurs, a atteint une capitalisation boursière record de 674 milliards de dollars, dépassant l'ancien sommet détenu par Novo Nordisk. Le laboratoire danois, porté par ses médicaments anti-obésité, avait atteint environ 659 milliards de dollars de valorisation en 2024. ASML vient donc de prendre le relais comme symbole de la puissance boursière européenne. L'Europe ne possède pas Nvidia, TSMC ou Samsung. Mais elle possède une entreprise absolument indispensable à toute la chaîne mondiale des puces. ASML fabrique les machines de lithographie qui permettent de graver les circuits sur les wafers de silicium, c'est-à-dire les plaques à partir desquelles sont produites les puces électroniques. Pourquoi ça compte ? Parce que les machines les plus avancées d'ASML, les fameuses EUV, sont essentielles pour produire les semi-conducteurs les plus performants. Sans elles, impossible de fabriquer à grande échelle les puces les plus puissantes utilisées dans l'intelligence artificielle, les data centers, les smartphones ou les supercalculateurs. En clair : ASML ne vend pas directement les puc
ÉDITO : Presse, IA et intelligence économique
« Le progrès est devant nous, à condition de dépasser sa propagande » • Paul Virilio
Chère lectrice, cher lecteur,
Qant, le retour. L'avenir prend son temps. L'IA n'était qu'une technologie émergente quand nous avons lancé Qant en 2022. Elle bouleverse aujourd'hui en profondeur bien des métiers, et d'abord tous ceux de l'information, de la presse à la finance.
Petit à petit, nous déploierons une nouvelle formule qui permettra, avec l'IA – et non par elle – :
de mieux cerner les réels besoins d'information face au déluge d'actualités, analyses, études et commentaires qui vous assaillent chaque jour ; de précipiter la convergence de l'information et de l'intelligence économique, maintenant que l'IA permet une veille mondiale en temps réel ; de continuer à faire levier sur ce qu'il y a d'irréductiblement humain dans le journalisme.
La semaine prochaine, se présente un premier point d'inflexion potentiel. L'introduction en Bourse de SpaceX posera les bases, si elle réussit, de celles d'OpenAI et Anthropic, qui ont toutes deux déposé leurs dossiers. Un faux pas créerait certes un doute, mais il montrerait surtout que le Nasdaq et les fabricants d'indices ont eu tort de changer leurs règles, pour accueillir un conglomérat qui veut créer une « humanité multiplanétaire », un récit de science-fiction échevelé (voir notre dossier ci-dessous).
Qu'elle réussisse ou non, cette série de trois IPO marquera sans doute l'apogée de l'enthousiasme pour l'IA : le sommet du cycle. Tôt ou tard, les épargnants américains prendront conscience des désastres économiques que causent les politiques de leur Président, et ils rejoindront les jeunes diplômés pour crier haro sur l'IA, commode baudet.
Reste à espérer que les élites européennes ne réagissent pas, cette fois, avec la suffisance de leurs aînés, qui ont cru en 2000 que l'Internet et sa « nouvelle économie », c'en était fini. Rien, bien sûr, n'empêchera la technologie de continuer à déployer ses effets. La crise qui viendra permettra juste d'adapter la vitesse du changement technique aux capacités d'évolution humaines.
Mais elle rebattra les cartes, et les grandes questions se posent déjà :
Comment redonner aux entreprises européennes une compétitivité mondiale menacée par leur retard technologique ? Comment tirer, avant nos rivaux, les leçons du conflit ukrainien et construire une autonomie stratégique réelle, nonobstant l'éloignement, et même l'abandon américain ? Comment dynamiser ce qui nous reste de capacités de recherche pour chercher des solutions au changement climatique et anticiper les technologies émergentes ? Que reste-t-il du calcul quantique, de la réalité augmentée, des blockchains et de toutes les technologies éclipsées par l'apogée de l'IA ?
Voici les grandes questions que Qant espère, en reprenant progressivement ses publications, vous aider à surveiller.
Votre abonnement sera prolongé gratuitement pour compenser l'interruption des parutions (et au-delà !) ; vous recevrez des codes pour vous abonner aux nouveaux produits à des conditions très favorables. Vous trouverez enfin, ci-après, des invitations exclusives à des événements d'importance, et les analyses tech de Project Syndicate.
Merci de votre fidélité.
Jean Rognetta
GitHub enclenche le début de la fin des abonnements illimités dans l'intelligence artificielle De 10 à 39 dollars par mois à plusieurs milliers de dollars. Depuis lundi, les utilisateurs les plus intensifs de GitHub Copilot voient leur facture potentielle s'envoler. En cause: une nouvelle politique tarifaire, basculant d'un abonnement quasi illimité vers une facturation à l'usage réel. "Une étape clé pour assurer la pérennité du modèle économique", justifie la plateforme dédiée aux développeurs, rachetée en 2018 par Microsoft pour 7,5 milliards de dollars. Une évolution dictée par une réalité: son outil de génération de code lui coûte aujourd'hui bien plus cher qu'il ne lui rapporte. L'écart entre les coûts et les revenus de l'intelligence artificielle générative n'a rien de nouveau. Mais la décision de GitHub symbolise un début de changement de paradigme. Au-delà de la nécessité de trouver un équilibre financier, l'essor des agents autonomes, capables de fonctionner en continu, rend le modèle par abonnement de plus en plus difficile à soutenir. En avril, Anthropic et OpenAI ont déjà fait évoluer certaines de leurs offres destinées aux grandes entreprises vers une facturation à l'usage pour leur plateforme de programmation respective Claude Code et Codex. Les agents creusent les pertes Cette situation s'explique par l'importance des coûts liés à l'inférence, c'est-à-dire l'exécution des modèles d'IA pour générer des textes, des images ou du code. Pendant longtemps, les principaux acteurs du secteur ont absorbé cette facture, en proposant des abonnements facturés en dessous de leur prix de revient. Un choix autant qu'une contrainte pour installer des nouveaux usages, notamment en entreprise, et conquérir des parts de marché afin d'atteindre une taille critique. En 2023, GitHub perdait ainsi 20 dollars par mois et par abonné, rapportait alors le Wall Street Journal. Depuis, cette équation économique s'est encore dégradée sous l'effet des avancées technologiques. Dans la programmation, les outils d'IA ne se contentent plus de compléter ou de corriger le travail des développeurs. Avec l'essor des agents, ils peuvent désormais "exécuter de longues sessions de développement en plusieurs étapes", souligne GitHub. Certaines entreprises affirment ainsi que la majorité de leur code est aujourd'hui produite par l'IA. "L'usage agentique devient la norme", poursuit la filiale de Microsoft, ce qui "entraîne des exigences de calcul et d'inférence nettement plus élevées". Vers la fin des abonnements ? Les pertes par abonnement se sont donc creusées de manière significative. Si aucune entreprise ne communique de chiffres précis, des captures d'écran publiées sur Reddit par des clients de GitHub Copilot donnent un ordre de grandeur. Celles-ci montrent que l'utilisation de l'outil leur aurait coûté plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de dollars par mois avec le nouveau système de facturation à l'usage. Des estimations similaires sont également avancées pour les gros utilisateurs de Claude Code qui y accèdent via les offres payantes d'Anthropic. L'abandon de ces politiques tarifaires particulièrement avantageuses présente un risque: une fuite des abonnés vers des services qui s'appuient encore sur des offres forfaitaires. Sur Reddit, de nombreux utilisateurs de GitHub Copilot assurent ainsi qu'ils comptent migrer vers la concurrence. Anthropic et OpenAI semblent pour l'instant relativement épargnés, ayant mis en place des évolutions moins brutales et comparables. Reste à savoir si l'un d'entre eux prendra le risque de revenir sur les abonnements illimités, une option évoquée au printemps par Sam Altman, le patron d'OpenAI. Pour aller plus loin: – Anthropic rentable pour la première fois… au prix de fortes restrictions d'usage – Pour accélérer dans l'IA, SpaceX pose une option d'achat sur Cursor
Et l'horreur fut de nouveau. Depuis quelques semaines, la nouvelle est sur toutes les bouches — spectateurs, commentateurs, critiques ou analystes, qu'ils suivent l'actualité du cinéma ou observent la culture populaire en général : l'horreur règne à nouveau sur le box-office. La raison se trouve dans le double succès simultané de deux productions relativement modestes et presque tout à fait originales, produites par des acteurs de l'industrie n'appartenant pas aux béhémoths engendrés par la décennie de crise qui n'en finit pas de dévitaliser l'industrie américaine. Revenons un peu plus en détail sur ce nouvel avènement, les questions qu'il soulève, mais aussi les pistes qu'il trace. Précisons tout d'abord que si l'horreur éclabousse les écrans avec une pression artérielle renouvelée, le phénomène était sensible depuis plusieurs années déjà, et bien loin de se cantonner au seul cinéma nord-américain. On l'a analysé plus d'une fois au micro de RST, mais la production européenne, et française en particulier, s'est révélée depuis cinq ans au moins d'une remarquable vigueur. En moins d'une décennie, des œuvres aussi différentes que Dans la brume , La Nuée , Vermines , Grave , Titane , Le Règne animal , The Substance , L'Homme qui rétrécit , La Nuit a dévoré le monde , La Montagne , La Dernière Vie de Simon , Thomas n'a pas d'écailles , Kyma ou encore Le Vourdalak — pour ne citer que celles-là — ont su trouver, pour certaines, les faveurs de la critique et, pour d'autres, celles du public, voire du grand public. Cette dynamique nouvelle s'accompagne aussi d'une curiosité renforcée à l'endroit des manifestations promouvant les cinémas de l'imaginaire — en tant que cheville ouvrière du festival Mauvais Tours, on en sait quelque chose —, tandis que des événements plus installés, tels que le Festival de Gérardmer, ouvrent grand leurs portes à des rétrospectives inédites et pointues consacrées aux auteurs horrifiques issus du bassin asiatique. Et le cinéma de genre nord-américain n'est logiquement pas en reste. Alors que le concept d' elevated horror achève de se recroqueviller — non sans avoir participé, même superficiellement, à un renouveau du regard critique vis-à-vis du genre —, on a constaté ces derniers mois et années combien le retour au B bourrin de Blumhouse, la résurgence de high concepts démerdards, ainsi que l'horreur politique — dont Jordan Peele et le Sinners de Ryan Coogler comptent parmi les plus glorieux représentants — ont renouvelé les attentes du public, les formes et les thématiques. L'horreur féminine, continent émergent avec une acuité et une hargne remarquables, n'est pas pour rien dans l'électricité qui accompagne désormais les sorties horrifiques internationales quasi hebdomadaires. Productions indépendantes, franchises, séries B, films d'exploitation, gestes d'auteurs : toutes ces lignes de force semblent s'être coagulées pour arriver au bouleversement présent, qui est bien plus que le seul tour de passe-passe économique auquel on peut être tenté de le réduire. En effet, Obsession et Backrooms sont actuellement en train de déglinguer le box-office américain, reproduisant et démultipliant par là le miracle de l'été 2025, à savoir le succès public et critique d' Évanouis . Et on ne parle pas tant d'un succès que d'un raz-de-marée. Face au panzer Star Wars , relégué à la troisième place du box-office américain — une contre-performance attendue, redoutée et historique —, Obsession jouit d'un succès croissant de semaine en semaine — phénomène courant en Europe, mais inédit aux États-Unis depuis près de trois décennies — lui permettant de rêver d'un score définitif au box-office avoisinant les 250 millions de dollars. Backrooms , quant à lui, a frappé fort dès son premier week-end d'exploitation en atteignant la barre désormais mythique des 100 millions de dollars pour les productions américaines. Soit le meilleur démarrage du studio A24, de la tête et des épaules. Ces deux réussites simultanées nous paraissent donc être l'aboutissement d'une dynamique entamée il y a plusieurs années, annonçant également combien le