📰 News du 09/06/2026

🗞️ Actualité

Money Stack
L'empreinte énergétique et hydrique massive de l'intelligence artificielle
L'intelligence artificielle génère une empreinte matérielle considérable qui s'accroît rapidement. Les data centers ont consommé 448 térawattheures d'électricité en 2025, soit presque autant que la France entière, et cette consommation pourrait doubler d'ici 2030. Au-delà de l'électricité, l'impact hydrique est tout aussi préoccupant : entraîner un modèle comme GPT-5 nécessite 1 milliard de litres d'eau, équivalent aux besoins annuels de 135 000 personnes en Afrique subsaharienne. Cette infrastructure est extrêmement concentrée géographiquement, avec plus de 90% des data centers spécialisés situés aux États-Unis et en Chine, tandis que 150 pays n'ont aucune infrastructure IA. D'ici 2030, l'empreinte hydrique de l'IA pourrait atteindre l'équivalent de la consommation de 1,3 milliard de personnes.

Le Grand Continent revient cette semaine sur les 10 chiffres marquants de l'IA en 2026. Derrière les annonces d'investissements records et les promesses de productivité, une réalité physique et géopolitique s'impose progressivement : l'IA a une empreinte matérielle massive, et elle est très inégalement répartie. Les data centers ont avalé 448 térawattheures d'électricité en 2025, soit presque autant que toute la France. D'ici 2030, cette consommation pourrait doubler. Si les data centers étaient un pays, ils seraient déjà le 11e plus gros consommateur d'électricité mondial. Mais l'électricité n'est que la partie visible. Entraîner un modèle comme GPT-5 nécessite 1 milliard de litres d'eau, de quoi couvrir les besoins annuels de 135 000 personnes en Afrique subsaharienne. D'ici 2030, l'empreinte hydrique de l'IA pourrait atteindre l'équivalent de la consommation de 1,3 milliard de personnes. Le paradoxe est vertigineux. Plus de 150 pays ne disposent d'aucune infrastructure IA, pendant que deux nations seulement, les États-Unis et la Chine, concentrent plus de 90 % des data centers spécialisés.

HugoDécrypte
Le président chinois Xi Jinping en visite en Corée du Nord
Xi Jinping effectue ce lundi et mardi sa première visite en Corée du Nord depuis 2019, marquant également son premier déplacement à l'étranger depuis 8 mois. Historiquement, la Chine et la Corée du Nord entretiennent des liens étroits depuis la guerre de Corée, avec un traité de défense formel toujours en vigueur. La Chine reste le principal soutien économique de Pyongyang, avec des exportations atteignant 2,3 milliards de dollars en 2023. Cependant, les relations se sont tendues autour du programme nucléaire nord-coréen, que Pékin juge déstabilisant pour la région, tandis que la Corée du Nord se rapproche de la Russie.

🔍 Décryptage : Le président chinois Xi Jinping est en visite en Corée du Nord

Les faits ➡️ Même si la Corée du Nord est un voisin direct de la Chine, ce déplacement de Xi Jinping est particulièrement important : il s'agit de son premier voyage en Corée du Nord depuis 2019 et de son premier déplacement à l'étranger depuis 8 mois. Historiquement, les 2 Etats entretiennent des liens étroits. Après la Seconde Guerre mondiale, ils se sont notamment alliés contre les États-Unis pendant la guerre de Corée, comme on l'expliquait dans cette vidéo . Cet héritage reste visible aujourd'hui : la Chine ne possède qu'un seul traité de défense formel, signé avec la Corée du Nord.

💰 Au-delà de l'aspect militaire, la Chine demeure le principal soutien économique de la Corée du Nord. L'an dernier, les exportations chinoises vers la Corée du Nord ont atteint près de 2,3 milliards de $, soit leur plus haut niveau depuis 6 ans. Pourtant, les relations entre les 2 pays se sont tendues ces dernières années. La principale source de friction concerne le programme nucléaire nord-coréen. Si la Corée du Nord possède désormais l'arme nucléaire, la Chine s'est toujours opposée à son développement, estimant qu'il déstabilise la région, comme le souligne Le Monde . 🇷🇺 Parallèlement, la Corée du Nord s'est aussi fortement rapprochée de la Russ

🌍 International

Footnotes
Encadrement des loyers : ni miracle, ni catastrophe
Un rapport d'évaluation scientifique sur l'encadrement des loyers, commandé par le gouvernement avant sa possible extinction dans six mois, contredit l'interprétation négative qu'en a fait Le Figaro. L'étude confirme que le dispositif, appliqué dans 72 communes depuis 2018, a effectivement modéré les loyers de 2 à 5%, représentant un gain de 612 millions d'euros annuels pour les locataires. Le rapport nuance toutefois l'impact social selon les territoires : à Paris, ce sont surtout les classes moyennes supérieures qui en profitent, tandis qu'en Seine-Saint-Denis, les ménages modestes en bénéficient davantage. Concernant la crainte d'une baisse de l'offre locative, le rapport montre que ce phénomène touche toutes les villes, qu'elles soient encadrées ou non. Les auteurs recommandent un ciblage plus fin du dispositif sur les territoires avec des locataires modestes et pointent surtout la mauvaise qualité des données disponibles pour piloter la politique du logement.

NOTA BENE | Encadrement des loyers : ni miracle, ni catastrophe Dans six mois, l'encadrement des loyers disparaît automatiquement si le gouvernement ne fait rien. Pour éclairer sa décision, il avait commandé une évaluation scientifique du dispositif. Quand Le Figaro l'a obtenue en avant-première fin mai, le journal y a vu une étude qui " torpille " la mesure. Le rapport , publié quelques jours après, est loin d'être aussi catastrophique. Le contexte Le dispositif plafonne le loyer qu'un propriétaire peut demander lors d'une nouvelle location, en fonction du type de logement et de sa localisation. Instauré à titre expérimental par la loi Elan en 2018, il s'applique aujourd'hui dans 72 communes volontaires en zones tendues : Paris, Lille, Lyon, Bordeaux, Montpellier, des communes de Seine-Saint-Denis et du Pays Basque. Le gouvernement avait demandé à deux économistes, Gabrielle Fack (Paris Dauphine) et Guillaume Chapelle (Université de Cergy), d'en évaluer les effets avant de décider de le pérenniser ou non. Spoiler : ça fonctionne Contrairement à ce qu'en retient Le Figaro, le rapport confirme que l'encadrement produit une modération effective des loyers : entre 2 et 4% de baisse par rapport à des villes comparables non soumises à la mesure, un effet qui atteint 5% en fin de période. Les chiffres le confirment sur le terrain. À Paris et Lille , le loyer moyen a progressé d'environ 10% ces quatre dernières années. À Nice ou Marseille , non encadrées, la hausse atteint presque 20% sur la même période. Sur les transferts financiers concrets : la modération des loyers représente un gain annuel d'environ 612 millions d'euros pour les locataires, soit en moyenne 800 euros économisés par ménage à Paris et 500 euros dans les grandes villes de province. Les propriétaires absorbent les deux tiers de ce transfert. L'État finance le tiers restant, non pas en dépensant davantage, mais en percevant moins d'impôts sur des revenus locatifs désormais plus faibles. Le rapport pointe ce "coût fiscal" comme une faiblesse du dispositif. C'est un peu court : une mesure qui fait baisser les loyers ne peut pas être critiquée parce qu'elle fait baisser les impôts. À Paris, ce sont surtout les locataires les plus pauvres du 16e qui en profitent Là où le rapport apporte une vraie nuance, c'est sur le ciblage social. L'encadrement bénéficie à tous les locataires du parc privé, mais pas de la même façon selon les territoires. À Paris, ce sont surtout les ménages des classes moyennes supérieures qui en profitent le plus, simplement parce que ce sont eux qui louent dans la capitale. En Seine-Saint-Denis en revanche, le dispositif profite davantage aux ménages modestes, beaucoup plus nombreux dans le parc locatif local. Dans les grandes métropoles de province, les gains sont distribués assez uniformément sur l'ensemble des revenus. L'offre s'effondre partout, encadrement ou pas L'argument le plus fréquent contre l'encadrement des loyers, c'est qu'il ferait fuir les propriétaires et réduirait l'offre de logements disponibles. Le rapport observe effectivement une baisse des annonces dans certaines villes de province, mais ce n'est pas forcément lié à l'encadrement : À Nice , où les loyers ne sont pas encadrés, le volume de biens à louer a été divisé par deux depuis 2021, soit exactement la même baisse qu'à Paris , pourtant soumis au dispositif depuis 2019. Toulouse , Strasbourg et Marseille affichent des reculs comparables, sans aucun plafonnement. À l'inverse, Lille , Lyon et Bordeaux , toutes encadrées, s'en sortent mieux. La baisse de l'offre locative est un phénomène général qui dépasse largement l'encadrement des loyers. Des fuites dans le plafond Le rapport ne recommande pas l'abandon du dispositif, mais plaide pour une utilisation ciblée : concentrer l'encadrement sur les territoires où les locataires sont les plus modestes, le combiner avec des politiques structurelles sur l'offre de logements, et envisager à terme une taxation de la rente foncière plutôt qu'un simple plafonnement des prix. Ce que le rapport met surtout en lumière, c'est l'état des données disponibles pour piloter la politique du logement. Plus d'un tiers des baux récents affichent un loyer supérieur au plafond légal dans les zones encadrées,

What's up EU
Politique étrangère européenne : sortir des blocages sans changer les traités
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a reconnu que l'Europe ne se fait pas suffisamment entendre sur la scène internationale, notamment face aux blocages causés par la règle de l'unanimité. Guillaume Duval, conseiller spécial à l'Institut Jacques Delors et ancien plume de Josep Borrell, explique que les traités actuels offrent des possibilités encore inexploitées pour surmonter ces blocages sans avoir à les modifier. L'article 31 du Traité sur l'Union européenne permet notamment qu'une décision soit adoptée si les États en désaccord s'abstiennent, et prévoit une super majorité qualifiée de deux tiers des États et de la population. Le traité offre également des cas où le Conseil peut statuer à la majorité qualifiée, notamment pour mettre en œuvre des décisions définies par le Conseil européen. Ces mécanismes devraient être utilisés plus largement pour permettre à l'UE de peser davantage en matière de politique étrangère, face aux défis géopolitiques actuels comme les menaces de Donald Trump ou l'incapacité à influencer le gouvernement Netanyahu.

BRIEFING | Par Guillaume Duval Les traités européens offrent des possibilités encore inutilisées de surmonter les blocages en matière de politique étrangère et de sécurité « La voix de l'Europe doit se faire entendre. Trop souvent ces derniers temps, l'Europe n'a pas pris la parole » avait reconnu Ursula von der Leyen, le 19 avril dernier. Pour sortir de cette situation, la présidente de la Commission entend remettre en cause la règle de l'unanimité au sein de l'UE en matière de politique étrangère et de sécurité. L'idéal serait de modifier les traités, mais le traité actuel offre des possibilités de surmonter ces blocages. Celles-ci restent insuffisamment utilisées. Un blocage qui menace l'avenir de l'Union Entre le blocage (désormais levé) des sanctions contre la Russie sous Viktor Orban, l'incapacité de l'UE à peser sur le gouvernement Netanyahu pour l'empêcher de violer le droit international, ou les difficultés à répondre aux menaces de Donald Trump, il est impossible de donner tort à Ursula von der Leyen. La règle de l'unanimité empêche l'Union d'exister sur une scène géopolitique de plus en plus violente. Un tel blocage menace potentiellement la survie même de l'Union. De nombreux dirigeants européens appellent depuis longtemps à la remise en cause de cette règle. Un tel changement nécessiterait-il une modification des Traités ? Ce serait le moyen le plus direct, mais après le traumatisme causé par l'échec du Traité constitutionnel en 2005, aucun dirigeant ne prône cette voie pour l'instant. De plus, supprimer l'unanimité nécessiterait l'accord de tous les États membres, ce qui semble actuellement impossible. Le traité actuel offre des marges de manœuvre insuffisamment utilisées Les Traités actuels offrent des marges de manœuvre insuffisamment utilisées. Le titre 5 du Traité sur l'Union européenne (TUE) définit les règles applicables à la politique extérieure et de sécurité. L'article 24 donne une définition très large du rôle de l'Union : La compétence de l'Union en matière de politique étrangère et de sécurité commune couvre tous les domaines de la politique étrangère ainsi que l'ensemble des questions relatives à la sécurité de l'Union, y compris la définition progressive d'une politique de défense commune qui peut conduire à une défense commune. L'article 31 confirme que « les décisions relevant du présent chapitre sont prises par le Conseil statuant à l'unanimité ». Mais il définit ensuite une procédure qui limite la portée de cette règle : Tout membre du Conseil qui s'abstient lors d'un vote peut assortir son abstention d'une déclaration formelle. Dans ce cas, il n'est pas tenu d'appliquer la décision, mais il accepte que la décision engage l'Union. Autrement dit, une décision n'a pas besoin d'être approuvée unanimement : il suffit que les États en désaccord acceptent de s'abstenir. Une super majorité qualifiée intéressante Ce même article définit une super majorité qualifiée : Si les membres du Conseil qui assortissent leur abstention d'une telle déclaration représentent au moins un tiers des États membres réunissant au moins un tiers de la population de l'Union, la décision n'est pas adoptée. Autrement dit, une décision peut engager l'Union dès lors qu'elle est approuvée par deux-tiers des États membres (soit 18 actuellement) rassemblant deux tiers de la population. On devrait faire un usage plus large de ces marges de manœuvre. Le second alinéa de l'article 31 va plus loin : Par dérogation, le Conseil statue à la majorité qualifiée : lorsqu'il adopte une décision définissant une action ou position de l'Union sur la base d'une décision du Conseil européen portant sur les intérêts stratégiques de l'Union ; lorsqu'il adopte une décision sur proposition du haut représentant pour les affaires étrangères présentée à la suite d'une demande du Conseil européen ; lorsqu'il adopte toute décision mettant en œuvre une décision définissant une action ou position de l'Union ; lorsqu'il nomme un représentant spécial. Cet article offre donc de larges possibilités pour que le Conseil des affaires étrangères prenne ses décisions à la m

💰 Économie

Laurent - Cosmos Finance
Le choc du kérosène fait fondre les bénéfices du secteur aérien
Le secteur aérien mondial connaît un paradoxe inquiétant : malgré un trafic record de 5,1 milliards de passagers attendus en 2026 et des revenus en hausse de 9,4%, les bénéfices s'effondrent. L'IATA révise drastiquement ses prévisions de profits, passant de 41 à 23 milliards de dollars, en raison de la flambée du prix du kérosène provoquée par les tensions au Moyen-Orient. La facture de carburant devrait bondir de 40% pour atteindre 350 milliards de dollars, représentant désormais près d'un tiers des coûts d'exploitation. Les marges nettes du secteur chuteraient de 4,2% à seulement 2,0%, avec des disparités régionales importantes, les compagnies du Golfe risquant de basculer dans le rouge.

LE CHOC DU KÉROSÈNE FAIT FONDRE LES BÉNÉFICES DU SECTEUR AÉRIEN Le trafic aérien mondial bat des records, mais les bénéfices des compagnies s'évaporent. Selon les dernières prévisions de l'IATA, le secteur aérien devrait dégager 23 milliards de dollars de bénéfice net en 2026, contre 41 milliards précédemment anticipés. Autrement dit, la flambée du kérosène efface presque la moitié des profits attendus. Les compagnies devraient transporter 5,1 milliards de passagers cette année, un record historique, en hausse de 2,4% sur un an. Le chiffre d'affaires du secteur devrait même atteindre 1 165 milliards de dollars, soit une progression de 9,4%. Mais derrière ces revenus en hausse, les coûts explosent. Avec la guerre en Iran et les tensions au Moyen-Orient, la facture de kérosène du secteur devrait bondir de près de 40%, à 350 milliards de dollars en 2026, contre 252 milliards l'an dernier. Le carburant représenterait désormais près d'un tiers des coûts d'exploitation des compagnies aériennes. L'aérien est un secteur à marges très faibles. Même avec des avions remplis, une demande solide et des billets plus chers, les compagnies n'arrivent pas à absorber complètement le choc. Leur marge nette devrait tomber de 4,2% en 2025 à seulement 2,0% en 2026. Toutes les régions ne sont pas touchées de la même manière. Les compagnies du Golfe, situées au cœur des perturbations, pourraient basculer dans le rouge. L'Europe, elle, reste bénéficiaire, mais sous forte pression, notamment à cause de sa dépendance au kérosène importé du Golfe.

Laurent - Cosmos Finance
La France pourrait perdre plus de 3 millions d'habitants d'ici 2070
Les projections de l'Insee annoncent un déclin démographique historique pour la France, avec une population qui atteindrait un pic de 69,8 millions en 2037 avant de chuter à 65,9 millions en 2070, soit une perte de 3,2 millions d'habitants. Cette baisse s'explique par un solde naturel durablement négatif, avec une fécondité stabilisée à 1,45 enfant par femme, bien en-dessous du seuil de renouvellement de 2,1. Même un solde migratoire hypothétique de 150 000 personnes par an ne suffirait plus à compenser le déficit naturel après 2037. Au-delà du déclin démographique, c'est surtout le vieillissement massif qui inquiète : les plus de 65 ans passeraient de 15,3 à 21 millions, et le ratio de dépendance grimperait de 40 à 62 seniors pour 100 actifs. Ce bouleversement démographique annonce un choc économique majeur pour les systèmes de retraites, de santé et de dépendance.

LA FRANCE POURRAIT PERDRE PLUS DE 3 MILLIONS D'HABITANTS D'ICI 2070 Selon les dernières projections de l'Insee, la population française pourrait encore progresser pendant quelques années, atteindre un pic autour de 69,8 millions d'habitants en 2037, puis commencer à diminuer régulièrement. Dans le scénario central, la France ne compterait plus que 65,9 millions d'habitants en 2070, contre 69,1 millions au 1er janvier 2026. Autrement dit, le pays perdrait environ 3,2 millions de personnes en un peu plus de quarante ans. Le point clé, c'est le solde naturel. Il correspond à la différence entre les naissances et les décès. Déjà négatif l'an dernier, il devrait rester durablement dans le rouge. L'Insee anticipe une fécondité stabilisée autour de 1,45 enfant par femme à partir de 2028, contre 1,56 l'an dernier. C'est très loin du seuil de renouvellement des générations, situé autour de 2,1 enfants par femme. L'Insee retient une hypothèse centrale de 150 000 personnes supplémentaires par an, soit plus du double de ce qui était envisagé dans ses projections de 2021. Mais même avec ce niveau, le solde migratoire ne suffirait plus à compenser le déficit naturel à partir de 2037. Une hypothèse haute à 230 000 personnes par an permettrait de limiter la baisse de population. Mais cela pose directement la question de l'immigration, de l'intégration, du logement, de l'emploi et de la capacité du marché du travail à absorber ces nouveaux arrivants. la France ne fait pas seulement face à une possible baisse de population. Elle fait surtout face à un vieillissement massif. Les plus de 65 ans seraient 21 millions en 2070, contre 15,3 millions en 2026. Les plus de 80 ans atteindraient 8,9 millions, soit plus du double d'aujourd'hui. Le nombre de centenaires serait même multiplié par quatre. Ce vieillissement s'explique par l'arrivée à un âge avancé des générations du baby-boom et par la hausse de l'espérance de vie, qui atteindrait 89,5 ans pour les femmes et 86,7 ans pour les hommes. Le choc économique sera immense. Aujourd'hui, on compte environ 40 personnes de plus de 65 ans pour 100 personnes âgées de 20 à 64 ans. En 2070, ce ratio grimperait à 62. Le message est simple : moins de naissances, plus de seniors, davantage de dépenses sociales et une base de cotisants qui progresse beaucoup moins vite. Retraites, santé, dépendance, Ehpad, aide à domicile, hôpitaux : tout coûtera plus cher si rien ne change.

Ludonomics
Marché Matriochka : des convictions d'investissement imbriquées sur les actions
Les marchés actions tablent actuellement sur une résolution des tensions géopolitiques d'ici septembre, mais ce scénario central reste fragile et masque plusieurs risques structurels. La croissance des bénéfices, particulièrement solide en apparence, repose en réalité sur une forte concentration sectorielle, notamment dans la technologie qui représente 31% des bénéfices du S&P 500. Les indices jugés défensifs concentrent en fait une exposition élevée aux taux d'intérêt, amplifiée par la vague d'introductions en bourse de méga-capitalisations technologiques à venir. La prime de risque actions réelle n'offre qu'un coussin minimal de 2,5%, insuffisant face à une hausse des taux réels, tandis que le positionnement technique des investisseurs amplifie les risques de correction brutale. En cas de détérioration géopolitique prolongée, les trois leviers de politique économique (géopolitique, budgétaire et monétaire) seraient simultanément contraints, un scénario sous-estimé qui pourrait entraîner des corrections de 20 à 25%.

Marché Matriochka : des convictions d'investissement imbriquées sur les actions

· Le scénario central repose sur une résolution des tensions géopolitiques. Les marchés actions intègrent l'hypothèse d'un accord géopolitique d'ici septembre, soutenue par le consensus des marchés prédictifs et la structure à terme du VIX, dans un contexte où le coût d'un conflit prolongé et les mid-term américains renforcent l'incitation à un compromis. Un accord supposerait toutefois des garanties iraniennes sur le détroit d'Ormuz. Les risques extrêmes sont visibles dans les options mais peu dans les valorisations. En cas d'échec et d'un prix du pétrole durablement élevé, les actions pourraient corriger de 25% en Europe et 20% aux États-Unis, avec compression des marges, contraintes pour les banques centrales et retour d'un risque de stagflation structurelle.

· La croissance des bénéfices reflète davantage une concentration sur quelques moteurs sectoriels qu'une résilience généralisée. Le S&P 500 affiche six trimestres consécutifs de croissance à deux chiffres du BPA, tandis que les entreprises européennes ont surpris positivement avec +11,5% au premier trimestre. Toutefois, les marges record offrent désormais un potentiel d'amélioration limité. Aux États-Unis, environ 17 pp de la croissance du BPA au T2 2026 proviennent du seul secteur technologique, en hausse de 66% et représentant 31% des bénéfices de l'indice. Hors technologie, la croissance du S&P 500 retombe à environ 12%, en ligne avec une croissance nominale mondiale modérée.

· La composition des indices dits non cycliques concentre en réalité la sensibilité aux taux plutôt qu'elle ne la réduit et la vague imminente de méga-introductions en bourse accentue encore davantage le phénomène de concentration. Le basculement vers la technologie, la santé, les services aux collectivités et les valeurs de rendement est perçu comme une protection, mais ces secteurs restent fortement exposés aux taux réels. Le risque de taux est donc masqué, non supprimé. La vague d'IPO à venir accentue cette vulnérabilité : SpaceX, OpenAI et Anthropic (3 450 Md USD) représenteraient 4 à 5% du S&P 500 et renforceraient la concentration technologique, zone la plus sensible aux taux.

· La prime de risque actions réelle n'est pas un coussin mais un point d'équilibre. La prime nominale négative s'explique par la protection contre l'inflation et la dominante technologique à forte duration de croissance. En termes réels, la prime n'est qu'environ 2,5%, insuffisante pour constituer une marge de sécurité. Une hausse de 50 à 75 points de base des taux réels suffirait à l'effacer, déclenchant une réallocation mécanique vers le crédit investment grade pour les investisseurs institutionnels. Les multiples resteraient comprimés sans baisse des taux ou amélioration de la croissance, conditions peu probables en cas de détérioration géopolitique et macroéconomique simultanée.

· Le positionnement technique amplifie de manière non linéaire les mouvements de marché, tandis que le pipeline d'IPO de grande taille constitue un facteur de risque additionnel. Le rallye 2025–2026 a été soutenu par des facteurs techniques : CTA massivement positionnés longs, volatilité comprimée par les teneurs de marché sur options et dette sur marge proche de ses sommets. Ces éléments sont réversibles et leurs retournements sont auto-renforcés. Une baisse fondamentale de 5 à 7% peut ainsi se transformer en correction de 15 à 20% via des effets de débouclage. Les flux liés aux IPO et aux rééquilibrages passifs accentuent le risque de spirale vendeuse, complété par les expirations de lock-up à 180 jours.

· Dans le scénario défavorable, les trois leviers de politique économique, géopolitique, budgétaire et monétaire, sont simultanément contraints. Depuis 2010, les actions intègrent une option implicite de soutien des politiques publiques en cas de choc. Le risque sous-estimé tient à la corrélation des limites sur ces trois canaux plutôt qu'à leur absence isolée. Le levier géopolitique est déjà partiellement utilisé via les négociations de cessez-le-feu, réduisant les marges futures. Le levier budgétaire est contraint, notamment en Europe malgré les efforts post-2022 face aux coûts énergétiques élevés. Le levier monétaire reste difficile à activer sans crise souveraine ou bancaire, dans un contexte inflationniste persistant.

💻 Tech

Jérôme Marin / Cafétech
Un nouveau Siri dopé à l'IA... mais pas en Europe
Apple a dévoilé lors de la WWDC une nouvelle version de son assistant vocal Siri, baptisée Siri AI, intégrant enfin l'intelligence artificielle générative après deux ans de retard. Cette refonte permet une interface conversationnelle similaire à ChatGPT et s'appuie sur des modèles dérivés de Gemini de Google, avec des capacités d'analyse d'écran et d'exécution d'actions dans d'autres applications. Le lancement ne se fera toutefois pas immédiatement en Europe ni en Chine en raison des réglementations locales, et pourrait être reporté à une mise à jour d'ici fin 2025. Ce projet est devenu le symbole du retard d'Apple dans l'IA, ayant provoqué une réorganisation interne et un partenariat stratégique avec Google. L'enjeu reste avant tout symbolique pour redorer l'image de marque d'Apple, les fonctions d'IA n'étant pas encore un critère déterminant d'achat pour les consommateurs.

Après deux ans de retard, Apple dévoile une nouvelle version de Siri Ne l'appelez plus Siri, mais Siri AI. Lundi soir, en ouverture de la WWDC, sa conférence annuelle pour les développeurs, Apple a dévoilé une nouvelle version de son assistant vocal, censée le faire (enfin) entrer dans l'ère de l'intelligence artificielle générative. Une démonstration sans éclats, loin des promesses faites il y a deux ans mais jamais concrétisées. "Siri est désormais un assistant beaucoup plus performant, qui vous aide à trouver ce dont vous avez besoin et à accomplir davantage de tâches", assure Mike Rockwell, nommé l'an passé à la tête du projet, alors à la dérive. Sans être révolutionnaire, ce nouveau Siri constitue néanmoins une étape importante pour Apple, questionné depuis deux ans sur sa capacité à s'adapter à l'essor de l'IA générative. L'assistant devrait être davantage mis en avant en septembre, lors de la présentation des prochains iPhone. Il n'est toutefois pas encore certain qu'il soit disponible dès leur sortie. Il pourrait n'être déployé que lors d'une mise à jour d'ici la fin de l'année. En revanche, Siri AI ne sera pas lancé immédiatement en Europe ni en Chine, en raison, selon Apple, des réglementations locales. Convaincre les utilisateurs Par rapport à son prédécesseur, pionnier des assistants vocaux, le nouveau Siri propose une véritable interface conversationnelle, popularisée par ChatGPT et les autres chatbots. Il repose principalement sur des modèles maison, dérivés de Gemini, l'IA de Google. L'assistant est capable de rechercher des informations pertinentes ou d'exécuter des actions directement dans d'autres applications, comme les messages ou les e-mails. Deux fonctionnalités qui semblent, pour l'heure, limitées aux services d'Apple. Il peut également analyser ce qui est affiché à l'écran. Reste à savoir si les utilisateurs d'iPhone suivront. Après des débuts en fanfare, Siri est rapidement tombé en désuétude, une tendance encore renforcée par les progrès récents de l'IA. De nouveaux usages se sont installés, portés par des applications désormais ancrées dans le quotidien. Apple peut toutefois s'appuyer sur deux atouts majeurs. D'une part, Siri reste facilement accessible, par commande vocale ou via un bouton physique. D'autre part, son intégration au niveau du système d'exploitation doit lui permettre, sur le papier, d'offrir des fonctionnalités beaucoup plus avancées. Pas encore un enjeu commercial Annoncé en grande pompe il y a deux ans, la refonte de Siri est devenue le symbole du retard d'Apple dans l'IA. Son lancement a été repoussé à de nombreuses reprises, provoquant une réorganisation interne, marquée notamment par le départ du responsable de l'IA, John Giannandrea. Le groupe à la pomme a également été contraint d'opérer un virage stratégique majeur: en janvier, il s'est associé à Google pour gérer les tâches les plus complexes, plutôt que de s'appuyer sur des modèles entièrement développés en interne et capables de tourner en local, c'est-à dire sans connexion à Internet. L'enjeu est avant tout symbolique: il s'agit davantage de redorer son image de marque que de répondre à une urgence commerciale. Pour l'heure, les fonctions d'IA ne constituent en effet pas un critère déterminant dans les décisions d'achat des consommateurs – les ventes d'iPhone sont d'ailleurs en progression. Mais la donne pourrait évoluer avec l'arrivée d'appareils spécifiquement conçus pour l'IA. Le groupe n'a donc pas renoncé à développer ses propres modèles, susceptibles de remplacer un jour Gemini, afin de contrôler à la fois le matériel et le logiciel de ces nouveaux terminaux.

Jérôme Marin / Cafétech
Pourquoi le nouveau Siri ne sera pas lancé immédiatement en Europe
Apple a confirmé que le déploiement de Siri AI sera reporté en Europe, invoquant le Digital Markets Act qui vise à renforcer la concurrence dans le numérique. Le groupe met en avant des risques liés à la sécurité et à la protection de la vie privée, affirmant que les régulateurs européens n'ont accepté aucune de ses propositions. Apple pourrait se heurter à l'obligation de traitement équitable imposée par le DMA, qui impliquerait de donner les mêmes accès système à ChatGPT ou Gemini pour ne pas conférer d'avantage concurrentiel à Siri. La société affirme avoir proposé un système d'agents "de confiance" avec une période transitoire de 18 mois, mais s'être heurtée à un refus catégorique de Bruxelles. Ce nouvel épisode intervient dans un contexte particulièrement tendu entre Apple et l'Union européenne.

Pourquoi le nouveau Siri ne sera pas lancé immédiatement en Europe Bis repetita. Comme il y a deux ans, les utilisateurs européens d'iPhone n'auront pas immédiatement accès aux dernières fonctionnalités d'intelligence artificielle générative. Lundi, Apple a confirmé que le lancement de la refonte de Siri, baptisée Siri AI, serait repoussé sur le continent. Raison invoquée: le Digital Markets Act, une réglementation qui vise à renforcer la concurrence dans le numérique. "Les régulateurs européens n'ont accepté aucune de nos propositions", explique le groupe de Cupertino, qui met en avant des risques liés à la sécurité et à la protection de la vie privée. En 2024, Apple avait déjà reporté le déploiement d'Apple Intelligence, une première série d'outils d'IA permettant de rédiger un e-mail ou de retoucher une photo. Ceux-ci avaient finalement été lancés, sans modification majeure, quelques mois plus tard, en même temps que la disponibilité du service en français, allemand, espagnol ou encore italien, les principales langues du continent. Une coïncidence qui laissait penser davantage à une opération de communication destinée à prendre à témoin l'opinion publique européenne contre ce texte que la société n'a cessé de sévèrement critiquer. "Interprétation extrême du DMA" Contrairement à Apple Intelligence, qui ne semblait contrevenir à aucune disposition du DMA, Siri AI pourrait se heurter à une obligation de traitement équitable. Le texte pourrait en effet impliquer de donner les mêmes accès au système d'exploitation à ChatGPT ou Gemini, afin de ne pas conférer d'avantage concurrentiel à Siri. Pour justifier le report, Apple évoque une "interprétation extrême du DMA" par Bruxelles, qui "donnerait à tout assistant virtuel un accès direct aux données privées des utilisateurs – ainsi que la capacité de contrôler directement les autres applications". Selon la société américaine, des discussions avec la Commission européenne ont été menées ces derniers mois. Elle affirme avoir proposé une solution transitoire visant à limiter les risques qu'un service d'IA ne compromette la sécurité. Celle-ci reposait sur un système d'agents "de confiance", qui aurait permis aux autres assistants de proposer "de manière sécurisée" les mêmes fonctionnalités que Siri. Une période transitoire de 18 mois aurait alors été mise en place pour déployer "progressivement" cette alternative. Mais Apple explique s'être heurté à un refus catégorique de Bruxelles.