â±ïžÂ On vous rĂ©sume lâactualitĂ© du jour en 5 mn ! â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â â
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âĄïž Infos en bref
đ·đș RUSSIE : Câest inĂ©dit, le directeur de la CIA, les services de renseignement des Ătats-Unis, sâest rendu Ă Moscou cette semaine pour une visite surprise. Il sâagit de la premiĂšre visite de ce type depuis le dĂ©but de lâinvasion russe Ă grande Ă©chelle, il y a maintenant plus de quatre ans. Selon plusieurs mĂ©dias, la Russie pourrait ĂȘtre tentĂ©e de tester lâOTAN prochainement. On en parle davantage dans la rubrique âDĂ©cryptageâ.
đłđ”ASIE : Au moins 359 personnes sont mortes et plus de 1 000 personnes sont toujours portĂ©es disparues suite Ă une crue dĂ©vastatrice qui a touchĂ© le NĂ©pal et le Tibet, en Asie du sud, ce mercredi. On vous en dit plus dans la rubrique âĂ Comprendreâ.
đșđžÂ RĂSEAUX SOCIAUX : Aux Ătats-Unis, Meta, lâentreprise qui possĂšde Facebook Instagram et WhatsApp, a acceptĂ© de verser prĂšs de 17 milliards de dollars pour sâĂ©viter un procĂšs et une sanction historique. Plus dâinformations dans la rubrique âĂ Comprendreâ.
đ«đ·Â POLICE : 2 personnes sont mortes et 9 autres blessĂ©es Ă Caen, dans le Calvados, aprĂšs qu'un automobiliste aurait volontairement foncĂ© sur des piĂ©tons ce mercredi soir. DâaprĂšs les premiers tĂ©moignages obtenus par France TĂ©lĂ©visions, lâautomobiliste avait Ă©tĂ© pris Ă partie un peu plus tĂŽt dans la soirĂ©e par un groupe d'individus, avant de sâĂ©loigner et de finalement revenir sur place Ă bord dâune voiture et de foncer sur eux. Lâautomobiliste a Ă©tĂ© interpellĂ© et placĂ© en garde Ă vue le soir mĂȘme.
đ«đ·Â SOCIĂTĂ : Plus de 2 300 enfants, dont 514 ĂągĂ©s de moins de 3 ans, dorment toujours dans la rue en France, selon lâUnicef, lâagence de l'ONU destinĂ©e Ă la protection des droits des enfants et la FĂ©dĂ©ration des acteurs de la solidaritĂ©. Il sâagit dâune hausse de 9 % par rapport Ă 2025, et de 42 % depuis 2022. Pour rappel, en 2025, 26 enfants sont morts dans la rue en France.
đȘŒ ĂNERGIE : Une invasion de mĂ©duses met Ă lâarrĂȘt un rĂ©acteur de la centrale nuclĂ©aire de Gravelines, la plus grande dâEurope occidentale. Le rĂ©acteur venait dâĂȘtre reconnectĂ© au rĂ©seau le 18 aoĂ»t, un peu plus dâune semaine aprĂšs avoir dĂ©jĂ Ă©tĂ© arrĂȘté en raison dâune invasion similaire. Ce jeudi, seuls deux rĂ©acteurs sur les six de Gravelines fonctionnent normalement.
đ ENVIRONNEMENT : 10 Ćufs de crocodiles du Nil ont Ă©clos sans intervention humaine dans la DrĂŽme, une premiĂšre qui inquiĂšte. Ces naissances ont Ă©tĂ© favorisĂ©es par les canicules qui ont touchĂ© la France et plus prĂ©cisĂ©ment par la chaleur accumulĂ©e dans les sols. En effet, pour quâun crocodile du Nil naisse de maniĂšre naturelle, les oeufs doivent ĂȘtre maintenus Ă une tempĂ©rature comprise entre 30 et 32 degrĂ©s, pendant 3 mois.
"Images montrant l'éclosion des crocodiles. Crédit : Instagram @lafermeauxcrocos"
đ«đ·Â CAUSE ANIMALE : Lâassociation de dĂ©fense des animaux L214 a portĂ© plainte contre lâabattoir de Perpignan pour maltraitance animale ce mercredi. Lâassociation a enquĂȘtĂ© entre mai et juillet au sein de âLa Catalane dâabattageâ et lâaccuse dâactes de cruautĂ©, de sĂ©vices graves et de mauvais traitements. Le prĂ©fet des PyrĂ©nĂ©es-Orientales, saisi par lâassociation, a ordonnĂ© une nouvelle inspection complĂšte de lâĂ©tablissement.
đšđŽÂ DROITS HUMAIN: La Colombie veut enfermer les dĂ©tenus les plus dangereux sur des navires en pleine mer. Lâobjectif selon le prĂ©sident colombien, Abelardo de la Espriella : endiguer la violence en empĂȘchant les Ă©vasions et en limitant les contacts des dĂ©tenus avec lâextĂ©rieur. Selon des organisations de dĂ©fense des droits humains, ce type de dĂ©tention viole les garanties individuelles des prisonniers.
đ DĂ©cryptage : Le chef de la CIA a rendu visite Ă Moscou
Les faits
âĄïžÂ Cette visite a eu lieu en dĂ©but de semaine et concerne John Ratcliffe, le directeur des services de renseignement amĂ©ricains. TrĂšs peu dâinformations officielles ont Ă©tĂ© donnĂ©es et la CIA a dâailleurs refusĂ© de commenter.
La visite secrĂšte Ă Moscou a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e par CBS News, qui a rapportĂ© quâun avion de lâUS Air Force Ă©tait stationnĂ© Ă Moscou et que plusieurs diplomates avaient traversĂ© la ville. Selon plusieurs sources, les Ătats-Unis auraient aussi averti lâUkraine en lui demandant de suspendre temporairement ses frappes sur Moscou et sa rĂ©gion.
â  Donald Trump et le gouvernement russe ont finalement confirmĂ© la visite. Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, a expliquĂ© que Ratcliffe Ă©tait venu pour des Ă©changes âentre services secretsâ, tout en prĂ©cisant quâil nâavait pas rencontrĂ© Vladimir Poutine.
Rien nâest encore officiellement confirmĂ©, mais selon plusieurs observateurs et des sources citĂ©es par le Wall Street Journal, lâun des objectifs aurait Ă©tĂ© de dissuader la Russie dâattaquer lâOTAN. Les renseignements amĂ©ricains et europĂ©
Chers lecteurs, What's up EU se dote d'une toute nouvelle Ă©quipe d'Ă©diteurs expĂ©rimentĂ©s, basĂ©s dans plusieurs capitales europĂ©ennes. A partir de la semaine prochaine, c'est eux qui traqueront l'actualitĂ©, chercheront les experts Ă mobiliser, et Ă©diteront les briefings hebdomadaires avant qu'ils n'arrivent dans la boĂźte mail de nos 33 000 abonnĂ©s. Cette publication entame sa sixiĂšme saison Ă couvrir chaque semaine ce qui se joue au cĆur de l'Union europĂ©enne. Rien de tout cela n'aurait Ă©tĂ© possible sans AgnĂšs de Fortanier, avec qui nous avons lancĂ© cette publication depuis les bancs de Sciences Po, sans Augustin Bourleaud, qui en a tenu les rĂȘnes pendant de nombreuses annĂ©es, ni sans la bonne centaine de contributeurs bĂ©nĂ©voles qui y ont participĂ© depuis 2020. De NextGenEU Ă la CS3D en passant par le CBAM jusqu'au dernier MFF, nous sommes restĂ©s fidĂšles Ă notre mission : expliquer l'Union europĂ©enne, un acronyme Ă la fois. Nous croyons que l'UE compte, et qu'elle mĂ©rite (souvent) d'ĂȘtre un peu mieux expliquĂ©e, aussi bien aux EuropĂ©ens qu'au reste du monde. Notre nouvelle Ă©quipe Ă©ditoriale incarne parfaitement cet esprit. Avant de dĂ©marrer la nouvelle saison la semaine prochaine, nous avions Ă cĆur de vous la prĂ©senter. Bien Ă vous, Thomas Harbor. Thomas Veldkamp est le nouveau directeur de la publication. Il a dĂ©butĂ© sa carriĂšre comme avocat d'affaires Ă New York, avant de rejoindre MĂ©decins sans FrontiĂšres (MSF) en tant que conseiller juridique. Durant son passage chez MSF, il a Ă©tĂ© basĂ© Ă Bangui en Afrique centrale, Ă Bruxelles et Ă Paris. Il se consacre aujourd'hui au dĂ©veloppement de mĂ©dias et de newsletters. Nos Ă©diteurs choisissent les sujets et les angles Ă couvrir dans la newsletter. Ă tour de rĂŽle, ils prennent la tĂȘte d'une Ă©dition hebdomadaire : trouver l'expert pertinent, proposer les axes pertinents, et enfin le travail d'Ă©dition. Chaque briefing est relu par l'ensemble de l'Ă©quipe Ă©ditoriale. Arthur de Liedekerke est associĂ© et directeur senior au sein d'un cabinet de conseil basĂ© Ă Bruxelles, et fellow au Center for European Policy Analysis (CEPA). Il a auparavant travaillĂ© au ministĂšre français des ArmĂ©es, oĂč il conseillait la direction du commandement de la cyberdĂ©fense. Avant cela, il a travaillĂ© pour le CERT-EU, l'entitĂ© chargĂ©e de la cybersĂ©curitĂ© des institutions, organes et agences de l'Union europĂ©enne. Il a dĂ©butĂ© sa carriĂšre comme assistant parlementaire, au service successivement de deux eurodĂ©putĂ©s. LorĂšne de Gouvion est manager au sein d'un cabinet de conseil basĂ© Ă Bruxelles, oĂč elle intervient sur les questions politiques et rĂ©glementaires europĂ©ennes dans plusieurs secteurs. Auparavant, LorĂšne a travaillĂ© sur la politique de sanctions de l'UE au sein du Service europĂ©en pour l'action extĂ©rieure (SEAE), aprĂšs un poste de terrain dans le Donbass, en Ukraine. Elle est membre de WIIS (Women in International Security), et participe Ă des programmes de formation et de dĂ©veloppement du leadership visant Ă favoriser la place des femmes dans le domaine de la paix et de la sĂ©curitĂ© internationales. Owain Richards est conseiller indĂ©pendant en affaires europĂ©ennes, basĂ© Ă Madrid, avec une solide expĂ©rience de conseil auprĂšs d'entreprises sur les affaires publiques, la rĂ©glementation et la stratĂ©gie politique europĂ©ennes, au sein de cabinets de conseil et d'associations professionnelles Ă Bruxelles. Il a Ă©galement une expĂ©rience du Moyen-Orient, ayant travaillĂ© en recherche Ă©conomique et politique en Ăgypte, aux Ămirats arabes unis et au Qatar. Il est cofondateur du British EU Affairs Network (BEAN). Anna Morin est directrice dans un cabinet de communication stratĂ©gique basĂ© Ă Londres, oĂč elle conseille des clients publics et privĂ©s sur les affaires internationales et europĂ©ennes, ainsi que sur les risques gĂ©opolitiques et d'investissement. Auparavant, Anna a Ă©tĂ© conseillĂšre stratĂ©gique en diplomatie pour des clients souverains Ă Bruxelles, conseillĂšre et rĂ©dactrice de discours pour le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l'OCDE Angel GurrĂa, et a travaillĂ© au sein d'un cabinet d'avocats Ă Paris. Elle a dĂ©butĂ© sa carriĂšre comme analyste en risque gĂ©opolitique sur le continent africain.
Pendant des annĂ©es, lorsqu'un pays europĂ©en inquiĂ©tait les investisseurs sur sa dette, un nom revenait presque systĂ©matiquement : l'Italie. Aujourd'hui, le tĂ©moin est en train de passer Ă la France. Depuis une bonne partie de l'Ă©tĂ©, la France emprunte mĂȘme plus cher que l'Italie Ă 10 ans, un petit sĂ©isme symbolique sur les marchĂ©s alors que Rome a longtemps Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme l'un des mauvais Ă©lĂšves budgĂ©taires de la zone euro. Pour comprendre, il faut regarder ce que les investisseurs achĂštent lorsqu'ils prĂȘtent de l'argent Ă un Ătat : des obligations. Plus ils jugent qu'un pays prĂ©sente un risque Ă©levĂ©, plus ils exigent gĂ©nĂ©ralement un taux d'intĂ©rĂȘt important pour lui prĂȘter. Et actuellement, le marchĂ© semble considĂ©rer que la trajectoire française devient plus inquiĂ©tante que celle de l'Italie. La dette italienne reste pourtant gigantesque, autour de 139% du PIB. Mais elle a diminuĂ© depuis son pic d'environ 154% en 2020. Surtout, Rome a fortement rĂ©duit son dĂ©ficit public. Il Ă©tait encore proche de 8% du PIB en 2022, contre un peu plus de 3% l'annĂ©e derniĂšre. Giorgia Meloni, qui avait suscitĂ© beaucoup de mĂ©fiance lors de son arrivĂ©e au pouvoir, a finalement rassurĂ© les investisseurs avec une politique budgĂ©taire relativement prudente. Comme quoi, sur les marchĂ©s obligataires, on peut arriver avec une rĂ©putation inquiĂ©tante et finir premier de la classe simplement en rendant ses devoirs Ă l'heure. En France, la trajectoire est presque inverse. La dette publique est passĂ©e d'environ 114% du PIB en 2020 Ă prĂšs de 117% aujourd'hui, tandis que le dĂ©ficit reste supĂ©rieur Ă 5% du PIB. Et Ă cela s'ajoute un Ă©lĂ©ment particuliĂšrement apprĂ©ciĂ© des investisseurs : l'incertitude politique. Gouvernement minoritaire, nĂ©gociations budgĂ©taires difficiles et Ă©lection prĂ©sidentielle prĂ©vue en 2027 rendent les prochaines annĂ©es beaucoup moins lisibles. Le gouvernement doit prĂ©senter son budget le 30 septembre et souhaite ramener le dĂ©ficit autour de 5% du PIB. ProblĂšme : pour y parvenir, il faudra augmenter les recettes, rĂ©duire les dĂ©penses⊠ou faire un peu des deux. Et couper dans les dĂ©penses publiques juste avant une prĂ©sidentielle fait rarement partie des disciplines olympiques prĂ©fĂ©rĂ©es des gouvernements. RĂ©sultat : certains investisseurs commencent Ă rĂ©duire leur exposition aux obligations françaises et se tournent davantage vers la dette italienne. MĂȘme les investisseurs japonais, historiquement importants acheteurs de dette française, auraient commencĂ© Ă lever le pied. Un analyste de Mizuho a rĂ©sumĂ© la situation de maniĂšre particuliĂšrement brutale : « La France est la nouvelle Italie. » Une comparaison Ă©videmment provocatrice, mais qui illustre bien le changement de perception. Il y a encore quelques annĂ©es, Paris regardait Rome en se demandant comment l'Italie allait financer sa dette. Aujourd'hui, les marchĂ©s commencent visiblement Ă poser exactement la mĂȘme question Ă la France.