Les faits ➡️ La guerre en Iran a commencé le 28 février dernier après des bombardements états-uniens et israéliens contre le pays. Les États-Unis affirmaient vouloir rendre l'Iran incapable de développer une arme nucléaire, mais aussi faire chuter le régime islamique. Une attaque jugée illégale au regard du droit international, à laquelle l'Iran a répondu en bombardant plusieurs pays voisins alliés des États-Unis, plongeant le Moyen-Orient dans une importante crise. Depuis, les bombardements ont régulièrement continué et le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial et notamment le pétrole, est devenu un enjeu central du conflit. Mais après plusieurs semaines d'accalmie militaire, les États-Unis ont de nouveau bombardé l'Iran ces derniers jours, officiellement pour empêcher la préparation du lancement de mines marines dans le détroit, comme le souligne le magazine Time. 🇮🇷 L'Iran a ensuite affirmé avoir mené des frappes de représailles contre des installations américaines en Jordanie, aux Émirats arabes unis, au Koweït, en Irak et à Bahreïn. Les États-Unis affirment avoir visé des sites militaires, tandis que l'Iran dénonce des victimes civiles et évoque un "crime de guerre" concernant une frappe qui aurait touché un mariage, faisant quatre morts. Les deux camps menacent désormais de répondre à toute nouvelle attaque et l'Iran affirme préparer une "opération décisive" contre des cibles américaines.
Hèlène Kohl (Le PodKast) et Pascal Thibaut (Lettre d'Allemagne) répondent à vos questions sur l'Allemagne. La participation à cette discussion est gratuite pour les abonnés payants de cette newsletter. Merci de m'informer de votre participation pour recevoir le lien ( pascal.thibaut@rfi.fr ) Les autres personnes peuvent participer pour la somme de huit Euros. Après notre Pausenbrot en juillet, rejoignez-nous pour un décryptage en direct... le temps d'un « actuapéro » ! Au programme : L'analyse à chaud du scrutin du 6 septembre en Saxe-Anhalt. • Effet domino ? Ce que ce résultat réserve pour les élections à venir au Mecklembourg et à Berlin le 20 septembre. • Quelles répercussions directes sur les équilibres à Berlin ? • Et bien sûr, tout ça dans le dialogue pour répondre à toutes vos questions. Attrapez votre boisson préférée, installez-vous confortablement et rejoignez la discussion. On vous attend au Späti ! Les régionales de septembre en Allemagne : analyse avec Hélène Kohl (le Podkast) et Pascal Thibaut (Lettre d'Allemagne). Le lien pour la visioconférence vous sera envoyé après votre inscription et votre règlement.
La petite accalmie n'aura pas duré longtemps. Alors qu'il était encore possible d'emprunter autour de 3% sur 20 ans il y a quelques mois, les nouveaux crédits immobiliers se négocient désormais autour de 3,30% en moyenne, selon la Banque de France. Sur le papier, 0,30 point de plus ne paraît pas énorme. Dans la vraie vie, un peu plus. Pour un emprunt de 250 000 euros sur 20 ans, passer d'un taux de 3% à 3,30% représente plus de 9 000 euros de coût supplémentaire sur la durée du crédit. Autrement dit, trois petits dixièmes de taux peuvent facilement finir par coûter le prix d'une petite voiture. Et la situation pourrait encore se tendre. Le premier facteur à surveiller est celui des taux directeurs de la Banque centrale européenne. Le principal taux de la BCE est passé de 2,15% à 2,40% le 11 juin. Et les marchés anticipent désormais une nouvelle hausse de 0,25 point lors de la réunion du 10 septembre, ce qui le porterait à 2,65%. Pourquoi ? Parce que l'inflation repart. Dans la zone euro, elle est passée de 2,9% en juillet à 3,3% en août. Pour tenter de freiner la hausse des prix, la BCE peut augmenter ses taux. Or lorsque l'argent devient plus cher pour les banques, il devient généralement plus cher aussi pour leurs clients. Deuxième élément très important : le taux auquel l'État français emprunte à 10 ans. Et là , la hausse est encore plus spectaculaire. Le rendement de la dette française à dix ans était revenu autour de 3,2% en mars. Il évolue désormais autour de 4,23%, soit plus d'un point supplémentaire en seulement six mois. Il faut remonter en 2008, lors de la crise des subprimes, pour trouver un taux aussi élevé. Ce taux sert de référence importante pour les banques lorsqu'elles fixent leurs propres conditions de crédit à long terme. Évidemment, chaque banque conserve une marge de manœuvre. Elle peut réduire sa marge commerciale pour attirer de nouveaux clients et proposer de meilleurs taux aux dossiers les plus solides. Ainsi, les emprunteurs disposant de revenus stables, d'un bon apport et d'une épargne confortable peuvent encore décrocher autour de 3,20% sur 20 ans. Mais si les taux de la BCE et ceux de l'État continuent de grimper simultanément, les banques auront de moins en moins de place pour faire des cadeaux. Certains économistes, parmi les plus pessimistes, envisagent même des crédits immobiliers pouvant revenir autour de 4% en 2027. Petite consolation : les prix de l'immobilier ancien pourraient reculer d'environ 3% en 2026, selon Century 21. Le logement pourrait donc coûter un peu moins cher. Malheureusement, l'argent nécessaire pour l'acheter, lui, commence sérieusement à coûter plus cher.
Google échappe au démantèlement de sa machine publicitaire Google évite le pire. Condamné l'an passé pour abus de position dominante sur le marché des technologies publicitaires, le moteur de recherche était sous la menace d'un démantèlement d'une partie de son empire. Mais la juge chargée de l'affaire a rejeté les principales demandes du département de la Justice (DOJ), qui réclamait la vente du serveur publicitaire DoubleClick et de la bourse d'enchères en temps réel AdX. Le soulagement pourrait toutefois n'être que de courte durée: Google reste dans le viseur de la Commission européenne, qui le menace ouvertement d'exiger de telles cessions. La société avait été reconnue coupable de monopole illégal sur le marché des serveurs publicitaires et des plateformes d'enchères. Elle avait en revanche été blanchie dans le domaine des outils d'achat. "Google s'est volontairement engagé dans une série de pratiques anticoncurrentielles pour acquérir et maintenir un pouvoir monopolistique", soulignait la juge. Cette dernière s'est finalement limitée à ordonner des mesures correctives, dont le contenu ne sera rendu public que dans deux semaines. D'ici là , les deux parties pourront masquer les informations et les chiffres qu'elles souhaitent conserver confidentiels. Rôle central dans la publicité programmatique L'affaire tourne autour du rôle de Google dans la publicité programmatique, qui s'est imposée ces dernières années comme le modèle dominant sur Internet. Il s'agit d'un système d'enchères aussi complexe qu'opaque qui permet de placer automatiquement des annonces et bannières sur les sites Web, les vidéos et les applications mobiles. Le groupe de Mountain View y occupe une place centrale: il agit simultanément comme vendeur, acheteur et plateforme d'échanges. L'an passé, cette machine bien huilée lui a permis de générer près de 30 milliards de dollars de chiffre d'affaires. Encore plus problématique aux yeux de la justice, Google contrôle les outils les plus populaires à chaque étape du processus: DoubleClick (DFP), qui permet aux éditeurs de gérer leurs espaces publicitaires, AdX, où se déroulent les enchères, mais aussi les solutions d'achat Google Ads et DV360, utilisées par les annonceurs pour planifier leurs campagnes. Grâce à cette position dominante, l'entreprise a pu mettre en place des mesures anticoncurrentielles, qui lui ont permis de capter une part plus grande du gâteau, avait estimé la juge américaine. Elle lui reprochait notamment d'avoir lié son serveur publicitaire et sa plateforme d'enchères, en particulier en leur réservant des échanges d'informations en temps réel. Cela a forcé les éditeurs à "utiliser un produit qu'ils n'auraient pas nécessairement utilisé autrement", permettant ainsi à Google de "protéger son pouvoir monopolistique". Et de continuer à prélever des commissions plus importantes que la concurrence. Le groupe a aussi pu mettre en place des changements "contraires à l'intérêt des éditeurs", sans craindre de perdre des parts de marché. Encore plusieurs années de procédure ? Pour mettre fin à ces pratiques, le DOJ estimait qu'une vente forcée d'AdX était indispensable. Le gouvernement américain voulait également contraindre Google d'ouvrir le code de DFP, avant de céder le reste à un autre acquéreur. Un scénario radical, rarement privilégié par la justice américaine – dans une autre affaire, Google avait déjà échappé à la vente de Chrome –, qui aurait bouleversé le marché de la publicité en ligne. Le groupe n'aurait alors conservé que les outils d'achat, réduisant considérablement ses commissions et son influence. Google, de son côté, affirmait ces deux cessions seraient techniquement complexes à réaliser, assurant que ses différents outils publicitaires sont de plus en plus interconnectés. Cela aurait donc nécessité de développer de nouvelles versions d'AdX et de DFP, une opération qui aurait pu prendre jusqu'à cinq ans. La société proposait plutôt de partager les informations sur les enchères en temps réel avec les plateformes concurrentes et de lever certaines restrictions imposées aux éditeurs sur le prix de vente de leurs espaces publicitaires. Quelles que soient les mesures imposées par la justice, leur mise en œuvre pourrait prendre plusieurs années. S'il les juge trop contraignantes, Google va désormais pouvoir faire appel de sa condamnation, puis demander une injonction pour suspendre leur entrée en vigueur. Le DOJ pourrait également contester la décision de la juge. Autrement dit, plusieurs années pourraient encore être nécessaires avant de parvenir à une issue définitive, alors que trois ans se sont déjà écoulés depuis le dépôt de la plainte par le gouvernement américain.
GoPro racheté à prix cassé au terme d'une longue descente aux enfers Début juin, GoPro prévenait qu'il existait des "doutes sérieux" sur sa capacité à survivre. Toujours déficitaire et endetté, le spécialiste des caméras d'action expliquait alors étudier des "alternatives stratégiques". Mardi, il a finalement été racheté par une obscure holding, qui détient une poignée de marques de coques de téléphone et de claviers d'ordinateur. Et qui promet désormais de commercialiser des transcepteurs optiques, un équipement réseau permettant d'envoyer et de recevoir des données par fibre optique, destinés aux data centers dédiés à l'intelligence artificielle générative. L'opération se chiffre à 285 millions de dollars, soit plus du double de la capitalisation boursière de GoPro. Une somme qui reste toutefois très éloignée des sommets atteints par l'entreprise: en 2015, un an après son introduction en Bourse, elle était valorisée à 12 milliards. Depuis, elle a connu une longue descente aux enfers, marquée par l'effondrement de ses ventes et une succession de plans sociaux. Son nouveau propriétaire entend s'appuyer sur "son expertise de pointe dans l'optique et son portefeuille de propriété intellectuelle" pour se positionner sur les marchés de l'IA et de la défense. Échec de la diversification Lancées en 2005, les mini-caméras GoPro sont d'abord plébiscitées par les amateurs de sports extrêmes. Avant de conquérir le grand public et dev
Depuis la mi-août, le résumé par IA sous les requêtes Google se déclenche dans plus de la moitié des requêtes en France, alors qu'il n'a démarré que fin juillet. Ce sont les recherches en lien avec le business et les relations humaines qui sont les plus concernées. "On vous rappelle que pour vous passer de ce petit texte qui tue le net, on a développé une extension gratuite pour Chrome" – Mat, commercial
Des neurochirurgiens britanniques ont opéré avec succès un patient atteint d'une tumeur au cerveau avec l'aide d'une IA. Pendant que les humains pratiquaient l'opération au National Hospital for Neurology and Neurosurgery de Londres, l'algorithme aidait à identifier les nerfs et les vaisseaux sanguins à éviter pour extraire la tumeur de 11 mm. "Depuis qu'elle sait combien de doigts possède un être humain, elle fait des bonds de géant en anatomie" – Mat, digital natif
Ça y est, vous pouvez voir des pubs dans votre conversation avec ChatGPT. Des encarts publicitaires apparaissent sous certaines réponses, en rapport avec le sujet évoqué. Un désagrément qui n'est valable que si vous utilisez la version gratuite ou l'abonnement Go (le moins cher). "Je suis ému, on vous prédisait l'arrivée de la pub dans ChatGPT dans le premier numéro de Hallu World, l'année dernière" – Greg, aka I Told You So
xAI est accusée par une victime d'actes pédophiles d'avoir utilisé des images de ses sévices pour entraîner son IA, accessible notamment aux utilisateurs de X. L'IA, suivant les requêtes d'internautes pédophiles, aurait ainsi recréé les photos prises par ses agresseurs au début des années 2000. Ce qui signifie que Grok, en aspirant le web, n'aurait pas pris suffisamment de précautions pour filtrer les contenus pédopornographiques. "Imagine, on dit que c'est une bonne raison pour bannir Grok et X définitivement. Imagine." – Mat Lennon 🎵
Deux poids lourds du secteur de la musique, Warner Chappell et Sony Music, font un procès à Anthropic. Son IA Claude est accusée d'avoir aspiré des "dizaines de milliers" d'œuvres musicales sous copyright, sans payer le moindre centime. Rien de nouveau pour Anthropic, qui vient de faire un chèque de 1,5 milliard de dollars aux géants de l'édition cette fois, qui lui reprochaient d'avoir piraté des millions de livres. "Alors qu'ils auraient pu aller à la bibliothèque, comme tout le monde" – Mat, problem solveur
Fin juillet, le réseau social professionnel créait le bouton "ça ressemble à de l'AI slop" sous chaque publication. Si vous cliquez dessus, le message disparaît de votre fil: l'effort semble plaire aux utilisateurs de la plateforme, puisqu'un million de personnes a déjà utilisé ce signalement. Il faut dire que LinkedIn est particulièrement impacté par ce phénomène, en particulier pour les textes longs. "Ce n'est pas un simple bouton, c'est ce qui transforme votre fil LinkedIn en paradis" – Greg
Le Guardian a révélé cet été qu'un faux think tank créé par l'administration israélienne avait littéralement inondé le web de "rapports" sous-estimant les violences subies par les Palestiniens et reprenant les arguments en défense d'Israël et de sa politique. Ces écrits, au nom faussement neutre comme "Israël commet-il un génocide à Gaza?" servent ensuite à nourrir les réponses des IA aux questions sur le sujet. Les autorités israéliennes nient en bloc. "Et dire qu'un simple tweet de ministre complètement zinzin suffit à rendre inutile tout ce travail" – Mat, réaliste